‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 491 sur 613 · PAS DE DEUXIÈME CONCILE DE JÉRUSALEM · texte numérisé non relu

PAS DE DEUXIÈME CONCILE DE JÉRUSALEM

Une autre conséquence de la ruine de Jérusalem, lut de tracer une ligne de démarcation tranchée entre le

fœnge, p. 314), et soutenue par Thiersch [Apost. Zeit., p. 275). Rothe s'appuie d'abord sur le texte suivant : Mcxà Tr^v 'lay.wcsu p-ap-upiav y.al TY]v aÙTtxa vevciJivr^v SXwciv ty;ç 'l2pc'jjaAY;[x, Xi-^o^ y.a-lyst twv à-oîTéXcov y.al TiJôv toj Ivjpîou iJ-aô'/jTwv -co'jç zl<^iv. -cw p(o) A£t::o- [j.Évs'j; £-1 -y^i-% r.Ti-T/i^t') cjvsaOeTv. (Eusèbe^, H. E., \\\, il.) « Après le martyre de Jacques et la prise de Jérusalem, le bruit court que les apôtres du Seigneur, et ses disciples encore vivants, se seraient réunis.» D'après Eusèbe, le but de cette réunion aurait été le choix d'un successeur de Jacques. Rothe prétend qu'on aurait saisi cette occasion pour instituer l'épiscopat. Mais, sans parler du caractère hypothétique donné par Eusèbe lui-même à ce récit, on n'en peut tirer une confirmation de l'idée de Rothe. En effet, d'après Eusèbe, qui n'est que l'écho d'Hégésippe, la fondation de l'épiscopat ne remonte pas à Simon, mais à Jacques luimême, dont il fait très-positivement un évêque. Il n'a donc pu parler de la fondation de l'épiscopat après la mort de Jacques. Le second texte invoqué par Rothe est emprunté au fragment d'Irénée édité par Pfaff. Le voici : Oi -at; csuTÉpat? twv àiroaToXwv o'.aTaçsd'. '::ap-/;y,o).0'j6r(y.é':£ç l'îjafft Tov Kùpiov véav Trpocçopàv èv vr^ xatv^ BiaOYjXYj y.aôccrr(y.£vai xa-à TGV Ma/a/^iav Tbv zpoçYjrr^v. « Ceux qui suivent les deuxièmes ordonnances des apôtres savent que le Seigneur a institué un nouveau sacrifice dans la nouvelle alliance, d'après le prophète Malachie. » Rothe assimile ces deuxièmes ordonnances au second concile de Jérusalem. Mais rien ne prouve que ces deuxièmes ordonnances soient d'une autre époque que les premières; il y a là une simple classification des ordonnances des apôtres. En tout cas, le passage n'a aucun trait à l'épiscopat. Le troisième texte est emprunté à Clément de Rome. « Les apôtres, lisons-nous !'■* ép. ad Cor. XLIV, sachant par le Seigneur Jésus-Christ qu'il y aurait des disputes dans l'Eglise sur le nom d'évêque et ayant une prévision parfaite de la chose, ont institué des anciens, et ensuite ils ont donné l'ordre que quand ceux-ci seraient morts, d'autres hommes éprouvés leur succédassent. » Kal [j.STaH'j èr'.vo'rfjV oîocoy.actv C7:o)ç èàv /.st[j/r;- Ows'.v ctaoé^wviat ï-z^oi otoo-/j.^.xz]j.b)z\ oi:k>^z:, ty;v AîiTOupYiav aijxwv. Rothe s'appuie sur le mot £7:ivj[j/fjV, qu'il traduit par testament, disposition testamentaire, en se fondant sur un passage isolé d'Hézichius, qui assimile £7:(vc[jlûç à y.X'^pov6[JLûç. 11 traduit ainsi le passage de Clément : « Les apôtres ont pris cette mesure testamentaire, que quand ils .-eraient morts (eux apôtres), d'autres hommes éprouvés leur succéderaient dans leur charge. « A cela nous répondons que y.o'.[;/.';Ôa)S'.v se rapporte non aux apôtres, mais aux anciens. La dispute à Corinthe ne porte point sur la charge apostolique, mais sur la charge d'anciens, et elle a été soulevée à l'occasion de la mort des premiers anciens nommés dans cette

l[fl I,A SYNAGOGUE EXCOMMUNli: LEGLISIi.

judéo-christianisme et l'Eglise'. Tant que le temple avait subsisté, les clirétiens de la Palestine avaient pu croire qu'il était dans la volonté de Dieu que, conformément aux décisions du concile de Jérusalem, ils continuassent à se soumettre à toutes les pratiques légales. Il n'en était plus de même, depuis qu'il avait été renversé. La cessation forcée des sacrifices est un fait grave dont on a en vain essayé de diminuer l'importance -. Cet événement dut produire une impression très-forte sur la partie non fanatique de l'Eglise de Jérusalem, qui était restée imbue des sentiments de Jacques. Elle reconnut un arrêt de Dieu qui abolissait définitiveraent l'ancieu culte. Placée sous l'influence de Simon, cousin de Jacques, qui était probablement pénétré des mômes principes, elle se rapproche de plus en plus des chrétiens d'origine païenne. La haine des Juifs qui n'eurent rien de plus pressé que de fulminer des excommunications contre les chrétiens et de les mettre au ban de leurs synagogues à peine reconstituées ne contribua pas peu à élargir l'esprit des chrétiens de la Palestine ^ En effet, peu de temps après la

Eglise. De plus, la racine du mot iT.VK\j:'r, est vc;j.cç, loi. Il vaut donc beaucoup mieux le traduire par commandement, atTêté. Nous lisons, dans une très-ancienne traduction latine : Hanc formam tenentes. Forma est ici l'équivalent d'arrêté, d'ordonnance. Il n'est point nécessaire de recourir à la correction arbitraire de Bunsen, qui substitue èztjxovr/V à £zivc[;.r,v [Ifjnatius und seine Zeit., p. 98), et qui y voit la consécration de la charge | à vie des anciens. Nous traduisons ainsi ce passage : « Les apôtres ont arrêté que quand les premiers anciens seraient morts, d'autres leur succéderaient. » (Voir Ritschl, Allcathol. Kirche, p. 424-429.)

1 Voir, sur ce point, Dos apostolisch, und nachapostolich . Zeitalt. ,\on l-echler, Stuttgard, p. 436-441; Ritschl, Alfcnt/iolhc/i., 238-256.

- Schwegler, ouvrage cité, p. 19-2, 308.

* Lnchler, page 440.

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