INFLUENCE TARDIVE DE SAINT JEAN
(le la contemplation. 11 s'énonce par brèves sentences, empreintes de la plus grande simplicité; mais au travers de cette simplicité apparaît le ciel profond comme au travers d'une eau limpide. «lia rempli la terre entière de sa voix, dit saint Jean Glirysoslomc, non par suite de son éclat retentissant, mais à cause de la grâce divine qui est sur ses lèvres. Ce qu'il y a d'admirable, c'est que cette grande voix n'a ni àpreté ni violence, mais elle est plus douce et plus émouvante que la plus harmonieuse musique *. »
On se tromperait néanmoins gravement si l'on voyait dans saint Jean le type d'une douceur féminine, comme le donnent à penser la légende et la peinture, cette autre légende. L'ancienne Eglise l'avait bien mieux compris quand elle donnait à Jean l'évangéliste le symbole de l'aigle qui vole au soleil, comme pour dire que l'essor le plus puissant, le plus royal, celui qui porte le plus loin et le plus haut, c'est celui de l'amour. L'âme de l'apôtre d'Ephèse était aussi énergique que celle de saint Paul. Il avait été surnommé le Fils du tonnerre avant que la grâce eût dompté sa violence naturelle, et il lui est resté toujours quelque chose de cette première ardeur. Autant il aimait la vérité, autant il haïssait l'erreur et l'hérésie. C'est que l'amour est aussi. «un feu consumant, » et quand il voit son objet méprisé ou outragé, il est aussi brûlant dans son indignation qu'il l'était dans son adoration. La vérité qu'aimait et servait
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