‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 496 sur 613 · SA CONVERSION · texte numérisé non relu

SA CONVERSION

grand prêtre et jusqu'air pied de la croiTi '. Il est le seul des apôtres qui ait été témoin des dernières humiliations du Christ; peut-être est-ce pour cette raison qu'il fut appelé à rendre le témoignage le plus éclatant à sa gloire éternelle dans le sein de Dieu.

On conçoit l'ineffaçable impression que dut laisser dans l'âme d'un saint Jean ce spectacle de douleur insondable et d'insondable amour. Qui dira ce qu'il ressentit en entendant les dernières paroles de l'Homrae- Dieu recueillies presque avec son sang et en recevant sa mère comme un legs sacré -. II fut aussi l'un des premiers à voir le Christ ressuscité ^ Tous ces souvenirs, et tant d'autres qui s'y rattachaient, devaient s'éclairer successivement à la lumière du Saint-Esprit, jusqu'à ce qu'ils formassent un tout complet dans la pensée de saint Jean. Mais il n'était pas lui-même capable, au lendemain de la Pentecôte, d'en comprendre toute l'infinie richesse.

Pendant les premiers temps de l'âge apostolique, on le voit dans la société de Pierre lui prêtant un concours efficace, mais lui laissant l'initiative de l'action et de la parole *. Il jouissait d'une grande considération, mais sans exercer une influence prépondérante ; son rôle est effacé au concile de Jérusalem où il paraît avoir assisté ^. A cette époque, il pratiquait encore la loi à l'exemple de Pierre et de Jacques, et comme d'ailleurs rvtnvitaientlesdécisions de la conférence de Jérusalem".

< Jean XIX, 20. — « Jean XIX, 27. — s Jean XX, 8. ^ AcUiS Ili, 1 ; VllI, 14, 2o. - - Gai. Il, 9.

6 « AposUili PiHriis et Jacohns et Johaiincs religiose ao-obant circa dis-

IL MLKIT DANb L'OBSCURITÉ. 301

Il est impossible de savoir dans quelle année il a quitté cette ville. Il ne s'y trouvait plus vers l'an 60 au dernier voyage de Saint Paul*. Quand ^'icéphore prétend qu'il y est demeuré jusqu'à la mort de Marie, il ne nous donne aucune indication précise, car la date de cet événement est complètement inconnue-. Il est toute une période de la vie de l'apôtre sur laquelle nous ne possédons aucun détail. Ses prétendus voyages à Rome et dans le pays des Parthes appartiennent à la légende'. 3Iais si nous n'avons pas de renseignements précis sur lui pendant ces longues années, ses écrits nousapprennentque ce temps ne fut pas perdu pour son développement. Il avait entrevu tout un côté de la personne et de la doctrine de son Maître qui avait moins frappé les autres apôtres : c'était le côté profond, mystérieux, concernant son éternelle divinité, sa préexistence et son incarnation. Si l'on s'étonne de ces différences dans la manière de comprendre le Christ chez ses disciples immédiats, différences qui ne sont jamais des contradictions, mais qui sont marquées par la prédominance de tel ou tel élément dans des conceptions identiques au fond, il ne faut pas oublier l'influence considérable de l'affinité morale dans les connaissances religieuses. Le regard de Tàme comme celui du corps a plus ou moins

posilionem legis quae est secundum Moysem. » (liéiiée, C. Hœres,, \\\, 12, édit. Feuardenlius.)

» Actes XXI, 17, 18. — 2Nicéphore, Hùtnr. eccles., II, 42.

' C'est l'opinion de Lenain de Tillemont, I, Zoo. La légende de la prédication de saint Jean aux Parthes a eu pour origine une leçon fautive du titre de la deuxième épitre, ainsi conçue : Ad Parthos. (August., Quxst. evangel., II, 37.) Voir Lucke, Commentaire sur les épîlres de Jean, p. 28.

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