II. ÉCRIT L'APOCALYPSE AVANT L'ÉVANGILE
près ses écrits et aussi d'après ses disciples immédiats, qu'il a conduit l'Eglise dans la voie où Paul l'avait introduite, en l'élevant même plus haut audessus du particularisme juif. Nous reconnaîtrons également, en parlant de la constitution ecclésiastique de la fin du premier siècle, que c'est sans fondement qu'on lui a attribué l'organisation épiscopale proprement dite.
Il ji'est pas possible de déterminer avec exactitude à quelle époque saint Jean a souffert pour l'Evangile. Les Pères varient sur la date de son exil à Pathmos. Nous serions porté à le placer peu de temps après la mort de saint Pierre et de saint Paul * . Cet exil a pu se prolonger quelques années. L'Apocalypse nous paraît avoir été écrite longtemps avant l'Evangile. Elle nous reporte à une époque rapprochée de l'effroyable persécution de Néron, le type suprême de la guerre de l'Antéchrist contre Jésus-Christ. Le fond des pensées, la couleur du langage, les préoccupations dominantes, les allusions historiques, tout nous ramène à cette date ; et comme la preuve externe n'a rien de décisif, nous
Saint Jérôme^ qui a le tort de prendre à la lettre l'expression de Polycrate, écarte l'idée d'un sacerdoce judaïque : « Qui supra pectus Domini recubuit et pontifex ejus fuit. » [De script, eccl,, 45.)
1 Lucke prétend même qu'il n'est pas prouvé que Jean ait été directement l'objet de la persécution. Le passage Apoc. I, 9 : Tétais dans Vîle dite de Patfimos pour la Parole de Dieu (o'.à TOU "hôyoxi 10Ï> ôîou) peut, d'après lui, se rapporter à une simple mission de prédication. (Lucke, Offenb. Johannes, p. 815.) Cependant Jean, dans ce même passage, déclare qu'il a participé aux souffrances de ceux auxquels il écrit (cu^v^oiviovoç èv 'ff OXfiJ^ci). Il faut renvoyer à la légende l'assertion de TertuUien que Jean aurait été, sous Néron, jeté dans un bain d'huile bouillante. (TertuUien, De prœscript., 36.)