‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 511 sur 613 · LK DOCTRINE DF SAINT JEAN · texte numérisé non relu

LK DOCTRINE DF SAINT JEAN

Paul est dans son exposition doctrinale ce qu'il a été dans sa vie, Thomme du contraste et de l'antithèse. îl s'attache à montrer jusqu'à quelle profondeur se creuse l'abîme entre la nature humaine et Dieu, pour exalter d'autant plus la grâce qui l'a comblé et il trace avec rigueur la ligne de démarcation entre l'ancienne alliance et la nouvelle. Il n'en est pas de même de Jean. Arrivé graduellement, sans grand déchirement, au point le plus élevé de la vérité chrétienne, il se place d'emblée sur la cime et en redescend paisiblement. Il ne s'arrête même plus à établir la supériorité de l'Evangile sur la loi. C'est pour lui une cause gagnée, un principe acquis dont il tire les conséquences. Jean ne part pas de

» Schmid prétend qu'on ne doit chercher la doctrine de l'apôtre que dans le prologue de l'évangile et dans les épîtres, et non dans l'évangile, parce que ce dernier nous donne, non la théologie de l'apôtre, mais l'enseignement du Maître. Nous n'éprouvons pas ce scrupule, car tout en admettant que Jean a fidèlement reproduit cet enseignement divin, il est évident que dans le choix qu'il a fait des paroles conservées par lui, on retrouve l'empreinte de son individualité. (Voir, pour la doctrine do Jean, Schmid, ouvrage cité, p. 359-395; Néander, Pflanz., 874; Reuss, Théologie chrétienne au siècle apostolique, II, 276; Lechler, Apostolischc und nachapostolische Zeitalter, 195; Frommau, Die Johannische Lehrbegriff, 1857. Voir aussi les ouvrages cité? de Bauret de .Schwegler.)

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