‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 514 sur 613 · LE VERBE OBJET ETERNEL DE L'AMOUR DIVIN · texte numérisé non relu

LE VERBE OBJET ETERNEL DE L'AMOUR DIVIN

attributs métaphysiques. Ils sont tous compris dans le Yie absolue et créatrice qu'il attribue à Dieu ' . L'amour, pour l'apôtre n'est pas un des attributs de Dieu : c'est Dieu lui-même; les attributs métaphysiques sont les attributs de l'amour divin. Dieu est l'amour saint, infini, tout-puissant, qui sait toutes choses, qui est présent en tout lieu. Aussi Jean se plaît-il à lui donner le nom de Père, nom si beau qui concilie a la fois la tendresse et le respect -.

Mais comment ce Dieu invisible se révèle-t-il? Comment celui qui habite une lumière inaccessible se communique-t-il à la créature, et quel peut être le premier objet de son amour? On sait la réponse de l'ancienne philosophie à cette question. Tantôt, ne trouvant aucun moyen de rapprocher réellement l'Etre infini de l'être fini et changeant, elle les a laissés en présence comme deux principes éternels; elle a posé en face de l'esprit incréé la matière incréée. Tantôt elle a cherché dans l'esprit infini le germe de l'être fini et périssable, et elle est arrivée au second par une série de dégradations du premier. La pensée humaine oscillait entre le dualisme platonicien et l'émanatisme oriental ou alexandrin. Ce n'est ni l'une ni l'autre de ces solutions que nous donne saint Jean. Le prologue de son évangile, écrit précisément en vue de la fausse spéculation de sou temps, résout le problème délicat des rapports du Dieu invisible et du monde par la doctrine du Yerbe ; doctrine absolument inconnue avant le christianisme et

* « Le Père a la vie en lui-même. » (Jean V, 26.) î Jean T, 14, 18; 1 Jean III, 1.

Page 1