LE SAINT-ESPRIT
Dieu, mais il est Dieu produit par Dieu de toute éternité ' , ce qui ne l'empêche pas de dire : Moi et le Père nous sommes un~.
Après le Père et le Fils, Jean admet une troisième personne divine qui est le Saint-Esprit, envoyé à l'Eglise par le Père et par le Fils ^ Cet Esprit « dit ce qu'il a entendue » La subordination ici est évidente. On a été jusqu'à contester la personnalité du Saint- Esprit, en se fondant sur certaines expressions qui semblent la contredire; mais les offices qui lui sont attribués, comme l'enseignement, la consolation et la direction de l'Eglise, impliquent une existence personnelle. Ce fait nous paraît ressortir clairement des écrits de saint Jean, sans qu'on en puisse tirer une formule claire et complète de la doctrine du Saint- Esprit ^.
§ II. — Le Verbe et le monde.
L'existence d'un Verbe éternel sauvegarde la liberté
1 Comp. Evang. V, 42 ; VIT, 28 ; VIII, 42. D'après Fromman, ni le Père, ni le Fils ne constituent isolément la Divinité. De même que l'idée d'Etat n'est réalisée que par la coexistence des gouvernants et des gouvernés, de même l'idée de la Divinité n'est réalisée que par la coexistence du Père et du Fils, nécessaire à la réalisation de l'amour absolu. (Voir dans Fromman l'explication du prologue de Jean.) L'analogie avec l'Etat n'est pas heureuse, car les rapports entre le Fils et le Père n'ont aucun rapport avec ceux des gouvernants et des gouvernés. Mais on est fondé à dire qu'il y a des idées composées d'éléments complexes et de plusieurs facteurs, qui ne sont réalisées que par leur coexistence.
2 Jean X, 30. — s Jean XIV, 26; XV, 26. - * Jean XVI, 17.
s Dieu lui-même est appelé Esprit. (Jean IV, 23.) 11 est question d'esprits au pluriel. (1 Jean IV, 1, 2. Comp. Jean VII, 39, C'jttw ■^v T^Vîijp.a (XYtov, et Jean XX, 22.) Voir Reuss,ouvr. cité, II, 413, 432.