‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 519 sur 613 · LA CHUTE N'EST PAS ABSOLUE · texte numérisé non relu

LA CHUTE N'EST PAS ABSOLUE

enveloppe le monde ne soit traversée d'aucune clarté céleste. Encore maintenant, le Verbe éclaire l'âme humaine ; tout ce qu'elle possède d'intelligence, de raison véritable, de sens divin, elle le tient de lui. Quand il vient chez les hommes, il vient chez les siens'. Si la chute était absolue, c'est-à-dire si toute capacité spirituelle était étouffée chez l'homme, elle serait par là même irrémissible, puisqu'il n'y aurait plus aucun point de contact entre notre cœur et Dieu. Toutefois, si ce germe du Verbe n'était fécondé par la grâce, l'humanité n'en serait pas moins irrévocablement perdue.

§ III. — Le Verbe et la Rédemption.

Le Verbe, qui a été l'organe de l'amour créateur, est aussi l'organe de l'amour miséricordieux du Père. C'est à lui que se rattache toute l'œuvre du salut. Cette œuvre est double. Elle est à la fois intérieure et extérieure, car elle doit amener la rencontre et l'union de l'homme et de Dieu. Ce n'est pas assez que Dieu se rapproche de l'homme par une série de révélations; il faut encore que l'homme soit incliné vers lui. En effet, pour venir aux sources d'eaux vives, il faut avoir soif ^. Il faut être n d*en haut » pour comprendre le Rédempteur qui vient lui-même du ciel. «Celui qui est de Dieu écoute seul les paroles de Dieu^. « La voix du bon pasteur n'est entendue que de ses brebis*. En d'autres termes, il faut que l'âme ait recouvré le sens des choses divines et

' E!; ta ïoia f^XÔs. (Jean I, il.)

« Jean VII, 37. — 3 Jean VIII, 23, 49, — * Jean X, 27.

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