‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 520 sur 613 · L'ŒUVRE PREPARATOIRE DU VERBE · texte numérisé non relu

L'ŒUVRE PREPARATOIRE DU VERBE

qu'il y ait une afiSnité entre elle et la vérité pour qu'elle revienne à la lumière.

Cette aptitude religieuse, cette harmonie préexistante et nécessaire entre la conscience et l'Evangile , Jean l'appelle l'attrait du Père ^ Allumer en nous cette soif de Dieu, y développer cette aspiration infinie, c'est toute l'œuvre intérieure du Verbe. Aussi ne se contente-t-il pas de communiquer la vie supérieure de l'âme à tout homme venant au monde. Il entretient celle-ci, il la nourrit et la développe, il luit dans les ténèbres de chacun -. Il respecte toutefois scrupuleusement les droits redoutables de la liberté; car le retour à Dieu, comme la séparation d'avec lui, doit avoir un caractère moral. Le rayon qui est en nous peut être rallumé ou éteint tout à fait, selon le parti que nous prendrons en présence des révélations accordées au monde. Si l'homme s'enfonce dans le mal, son esprit devient complètement ténèbres, et alors il repousse la lumière « parce que ses œuvres sont mauvaises. » Si au contraire il cherche à faire la volonté de Dieu, s'il développe en lui l'amour du bien et de la vérité, il vient à la lumière ^, et il la reconnaît quand elle brille à ses yeux dans son doux éclat. )> Si quelqu' un veut faire la volonté de Dieu, il reconnaîtra que ma doctrine est de Dieu^. » La réjection de la lumière est une détermination de la volonté.

1 Jean VI, 44. (Voir Néander, Pflanz., Il, 88.) ' Ka''. 10 ow; èv -cfj t/.zv.x çaivst. (Jean I, 5.)

Ipys-iaf. Tzphq xb <pô5ç. (Jean III, 20,21.) * Jean VII, 17.

3J6 J/ATTRAlï DU PERE.

« Vous uc voulez point venir à moi pour avoir la vie * . » Ainsi se retrouvent déjà dans l'œuvre intérieure du Verbe la grâce et la liberté, les deux pôles du monde moral.

Mais cette œuvre intérieure ne saurait suffire. Aubesoin infini de l'âme doit correspondre une infinie satisfaction. Elle revient vers Dieu; Dieu doit revenir vers elle. Une révélation positive est nécessaire. Jean, comme Paul, distingue deux révélations successives. La première n'a qu une valeur préparatoire, elle ne possède qu'une demi-lumière; ses rayons émanent bien du Verbe, comme toute clarté, mais ils ne font qu'annoncer son apparition. « La loi, dit saint Jean, a été donnée par Moïse; la grâce et la vérité sont venues par Jésus- Christ-.» Ainsi l'apôtre tranche sans discussion la formidable question qui avait provoqué tant de luttes. La loi n'était que l'ombre du salut; la nouvelle alliance, en nous communiquant la grâce ou le pardon de Dieu, nous donne seule la réalité des biens promis à l'humanité ; seule elle nous transporte dans cette pleine vérité, qui est inséparable de l'amour. C'était proclamer l'abrogation du mosaïsme en termes formels. Jean n'en reconnaît pas moins le caractère divin. Jésus-Christ, dans le quatrième évangile, en appelle à Moïse ' ; il déclare que le salut vient des Juifs, rattachant ainsi son œuvre à toute la série des révélations qui l'ont précédé'*. Comme l'auteur

1 Où e£À£T£. (Jean V, 40.)

* '0 v6iJ,o; cià Moj-éwç âoéOr,- r/ •/'^p'.ç •/.al y; <x\rfiï.'.x ctà 'Ir^^oû XpiCToU ivévîTO. (Jean I, 17.) 3 Jean V, 4G. — * 'H GO)rr,p(a èx twv 'Icu2a(wv. (Jean IV, 22.;

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