‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 521 sur 613 · L'INCARNATION · texte numérisé non relu

L'INCARNATION

do répître aux Hébreux, mais avec bien plus de profondeur, saint Jean établit la supériorité de la nouvelle alliance par la supériorité incomparable de son fondateur. Le dernier et le plus grand des prophètes de l'ancienne alliance, « n'était pas lui-même la lumière, mais seulement envoyé pour lui rendre témoignage, afin que tous crussent par lui '. » Jésus-Christ, au contraire, est la véritable lumière; il est ce Verbe qui est Dieu près de Dieu, le Verbe devenu chair ^. Il n'est pas envoyé comme Jean-Baptiste pour que tous croient par lui., mais pour que tous croient en lui. II est l'objet de la foi. IN'a-t-il pas dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie ^ ?

Tandis que saint Paul insistait davantage sur l'œuvre accomplie par le Sauveur, saint Jean insiste surtout sur sa nature. L'incarnation est à ses yeux le fait capital du christianisme. Elle n'est pas seulement la condition nécessaire de la rédemption, elle est la condition permanente du salut. La proclamation du pardon n'en est que le préliminaire et le commencement. Etre sauvé, pour l'homme, c'est posséder Dieu, c'est-à-dire la lumière, la vie et la vérité, et comme dans le Verbe incarné l'humanité reparaît unie étroitement et indissolublement à la divinité, c'est par l'union avec lui que le salut se consomme.

L'incarnation, à ce point de vue, a une portée toute nouvelle. Au lieu du rayon pâli que l'homme pécheur voit encore briller dans ses ténèbres, elle lui rend la

J Jean I, 6^ 7.

» '0 Xé^oç càp^ èYév£TO. (Jean I, 14.) — » Jean XIV, 6.

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