APPROPRIATION DU SALUT. LA GRACE
§ TV. — Le Verbe dans le chrétien et dans V Eglise jusqu'à la fin des temps.
L'amour étant l'idée primordiale de la doctrine de Jean, celle qui donne le ton à toutes les autres, on doit s'attendre à ce qu'il accordera une grande importance à l'appropriation du salut par l'individu. L'amour, en effet, suppose la réciprocité. C'est en vain que Dieu a aimé l'humanité jusqu'à lui pardonner; c'est en vain que le Yerbe s'est incarné et a offert le sacrifice rédempteur si cet amour infini n'obtient pas une réponse sur la terre. Nous avons déjà reconnu que le Verbe prépare chaque homme à recevoir la vie éternelle en fécondant le germe divin qui est en lui. Il y a là toute une oeuvre préparatoire de la grâce ; c'est pendant cette élaboration, souvent lente et prolongée, que la réceptivité pour les choses divines s'agrandit ou se rétrécit. Au premier contact avecle Verbe incarné, l'état des âmes se révèle par le parti qu'elles prennent en face de ses appels; elles se jugent ainsi elles-mêmes, puisque leur décision est le résultat de leur détermination antérieure. Elles révèlent alors de quel côté elles ont incliné; elles montrent si elles se sont ensevelies dans les ténèbres, ou si elles se sont rapprochées de la lumière*. Jean fait une part très-grande à l'action de la grâce. C'est Dieu qui aime le premier; c'est le Verbe qui nous
1 '0 (AY) -rrtcTsuwv, Tfi-f\ /.éxpitai. (Jean III, 18. 19.)