‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 528 sur 613 · L'AVENIR DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

L'AVENIR DE L'ÉGLISE

mi'cre de tout homme venant au monde'. Une sainte société se fonde dans l'amour ; c'est la société des enfants du Père ou l'Eglise. L'apôtre n'entre dans aucun détail sur sa constitution et son organisation. Il reconnaît seulement que l'égalité la plus complète règne entre ses membres, car ils ont tous reçu «l'onction du saint qui leur enseigne toutes choses^. » Il n'y a pas place pour un système d'autorité extérieure dans la conception de saint Jean.

Ses vues sur l'avenir de l'Eglise sont empreintes du même caractère de spiritualité. Il admet dans l'évangile et les épltres, comme dans l'Apocalypse, une résurrection générale des morts, un jugement final, un triomphe éclatant du Christ inauguré par son retour, comme auss une lutte formidable contre les puissances des ténèbres ; mais il rattache avec plus de soin, dans son évangile, ces grands faits extérieurs aux faits moraux qui les préparent^. Dans un sens spirituel , la résurrection, le jugement et la lutte contre l'Antéchrist ont déjà commencé. Ceux qui renaissent à sa voix, sont des Lazares appelés à la vie divine ''. Ln séparation des ténèbres

* 'Ev -o'jtw £Yvu)y.a[X£v r/]v OL'fir.r^v ^ ov. èy.sTvoç uTcàp 'r][ji.wv xfjv ^Myr^•^ auToO £0r,/.£. (1 Jean III, 16.)

- Kai 'j[j.îT; -b /pls[j.a c £Aâ6îT£ à-' a'JTOu, èv 'jjxTv jj-évsi, 7ai cù ypsixv E/îTe, ïva Tt; c'.Ga77.ï) u[J.aç- àXX' o>ç xb ajxb yj^Xa^-ci. oioâ- Q'/.v. ù[;.5.; TZîp'i Tzâvxwv, /.al àXrjOiç £jTI, xai où*/. l<zv. t];£uooç- -/.ai y.aOïbç èo(oa^£v ûi;.aç, [j,ev3Îx£ èv aij-o). (1 Jean II, 11.)

' Voir notre note sur l'Apocalypse. Nous y réfutons l'idée de M. Reuss, qu'il y a opposition absolue entre le quatrième évangile et l'Apocalypse.

* Jean V, 24-30. Nous pensons avec Lucke qu'il n'est pas possible de donner une explication purement spirituelle de ce morceau. 11 nous présente précisément l'entrelacement du fait extérieur et du fait moral. Au

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et de la lumière opérée par la prédication de |^i vérité est un jugement solennel, et quiconque nie le Christ venu en chair, est un antechrist. Enfin, dans un sens mystique, le Maître adorable est revenu au milieu des siens '. Mais bien loin que ces faits spirituels soient incompatibles avec les faits extérieurs annoncés dans l'Apocalypse, ils préparent ces derniers. Après avoir tant combattu et tant souffert depuis le commencement du monde, l'amour divin aura son triomphe éclatant sur le théâtre même de ses luttes. Pour peindre ce triomphe, les brillantes couleurs de l'Apocalypse ne suffisent déjà plus, et saint Jean s'écrie dans sa première lettre : «Ce que nous serons n'a pas encore été manifesté, mais nous savons que quand il paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est*. » Etre fait semblable àDieu, n'est-ce pas là le terme dernier du développement de sa créature? N'est-ce pas la réalisation des desseins sublimes du Verbe rédempteur, « qui ne s'est fait homme, comme le dit Irénée, fidèle écho de saint Jean en ceci, que pour accoutumer Dieu à habiter dans l'homme^?» N'est-ce pas l'exaucement de la prière du Christ: «Que tous ne soient qu'un comme toi, ô mon Père, tu es en moi et que je suis en toi; qu'eux aussi soient en nous ^? » Parvenue à ces hauteurs, la théologie

verset 28, Jésus-Christ, pour établir son pouvoir d'opérer spirituellement la résurrection et le jugement, en appelle il la résurrection des corps qu'il opérera au dernier jour.

> rixXiv £p-/o[j,a'.. (Jean XIV, 3.)

« 'Eàv oavspwOr), cjJ.otoi aùxw hé\J.tOa. (1 Jean III, 2.)

3 « Verbum filius bominis faclus est ut assuesceret Deum habitare in homine. » (Irénée, Contrn Hœres., p. 284.)

* Iva xal ajTCi h r,\).h h/ wjiv. (Jean XVII, 21.)

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