ORGANISATION ECCLÉSIASTIQUE
plante la croix devant l'Eglise d'une main ferme, comme le phare lumineux qui doit l'éclairer dans tous les orages qu'elle va traverser. La folie du Crucifié doit être à jamais sa sagesse, et tous les efforts de l'hérésie échoueront contre elle.
Plusieurs causes ont contribué à fortifier à cette époque le gouvernement ecclésiastique. Nous signalerons tout d'abord le développement de l'hérésie et la diminution marquée des dons miraculeux accordés à l'Eglise. Jean est l'apôtre dont on cite le moins de miracles. On entre dans une période nouvelle ; le premier bouillonnement de la source divine va être remplacé par le cours régulier du fleuve coulant entre ses rives. Le miracle ne disparaît pas : bien au contraire, il se fixe d'une manière permanente, mais aussi il a beaucoup moins les apparences d'un prodige. Dans un tel état de choses, l'organisation de l'Eglise devait prendre un caractère plus arrêté. C'est à tort cependant que l'on a attribué à saint Jean la constitution de l'épiscopat proprement dit. Pendant longtemps encore, onnevoit que deux degrés dans la hiérarchie : les diacres et les anciens ouévêques, sont seuls désignés comme gouvernant l'Eglise. Les anges des sept Eglises auxquelles sont adressées les exhortations solennelles du commencement de l'Apocalypse ne sont point des évêques, comme on l'a prétendu ; chacun d'eux est la personnification symbolique d'une Eglise ou son ange gardien '. Les noms d'anciens et d'évêques
* M. Bunsen soutient l'ancienne interprétation (Ignatius und seine Zeit, p. 133), de même que Thiersch (ouvr. cité, p. 278), et Rothe {Anfxnge, 423).