IL REPARAIT TRANSFORMÉ
s'explique de la manière la plus naturelle, sans qu'on soit obligé de recourir à toute cette diplomatie ecclésiastique si inconcevable chez les plus naïfs des théologiens. D'abord précisément parce qu'il était vaincu comme parti, le judéo-christianisme était plus redoutable comme influence ; on ne se défiait plus de lui, ou du moins on surveillait moins les tendances du cœur humain qui, dans tous les temps et dans toutes les Eglises, favorisent le formalisme et la piété légale et extérieure. C'est lui, ou plutôt c'est son esprit, qui devait produire peu à peu les plus graves altérations dans la doctrine et dans l'organisation ecclésiastique. Une autre cause devait favoriser un retour partiel et encore timide au judaïsme. Le canon du Nouveau Testament était loin d'être formé. La nouvelle alliance n'avait pas encore son code religieux arrêté. Le livre sacré par excellence était toujours l'Ancien Testament. Privée de la tutelle directe des grands témoins apostoliques, l'Eglise trouvait sa règle souveraine dans ces saints écrits invoqués par Jésus- Christ, mais sans distinguer comme lui l'éternelle vérité de la forme ancienne maintenant abolie. Enfin, l'hérésie gnostique, surtout depuis Cérinthe, s'attaquait avec une violence extraordinaire à l'Ancien Testament et provoquait par là une réaction exagérée en faveur du judaïsme. La crainte qu'inspirait l'erreur et la violence delà persécution favorisaient le besoin d'une autorité visible et tangible, semblable au sacerdoce. Toutes ces causes combinées ont préparé la victoire signalée que le judéochristianisme devait remporter plus tard sous un nom
nouveau. Les apologistes du calholicisme triomphent u 2i