‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 539 sur 613 · CAUSES QUI LE RAMENENT · texte numérisé non relu

CAUSES QUI LE RAMENENT

quand ils nous citent l'opinion d'un Irénée sur répiscopat, et ils nous demandent d'où ces opinions lui seraient venues, si ce n'est des apôtres, puisqu'il était disciple de Polycarpe. Ils oublient cet âge de transition où tant de germes funestes se sont développés dans l'ombre, sous l'action de circonstances qui leur étaient singulièrement favorables. L'Eglise est descendue par des degrés souvent imperceptibles de la spiritualité d'un saint Paul et d'un saint Jean jusqu'à l'organisation théocratique du quatrième siècle. Rien n'offre un plus grand intérêt que de suivre de près cette transformation et d'en saisir les premiers symptômes.

,^ I. — La persécution sous Trajan et Adrien. — La révolte de Barehoba,

La persécution ne se ralentissait un moment que pour se ranimer bientôt; il n'était pas possible qu'elle s'arrêtât jamais complètement. Elle était une conséquence nécessaire de la position du christianisme vis-à-vis du paganisme, ou pour mieux dire de l'impérialisme, seule religion encore vivace dans la ruine de toutes les croyances, parce que le dieu en était à la fois visible et redoutable, et qu'on retirait un profit très-net des hommages qui lui étaient rendus. Jusqu'ici nous avons vu la persécution favorisée par des empereurs comme Néron et Doraitien, qui sont d'abominables despotes. Elle sera désormais décrétée aussi bien par les bons empereurs que par les mauvais ; peut-être même scra-t-elle aggravée par les premiers. En effet, ceux-ci ne s'y portent pas par ca-

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