‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 540 sur 613 · LA PERSECUTION EST INÉVITABLE · texte numérisé non relu

LA PERSECUTION EST INÉVITABLE

pricc, dans une excitation d'un moment, qui peut être mobile et passagère comme la passion. Ils la décident dans des vues profondes, par calcul politique. Désireux de rasseoir sur sa base une société ébranlée, ils cherchent leurs appuis dans le passé, et tout d'abord dans l'ancienne religion. Ils sont logiquement conduits à proscrire le christianisme, qui est l'ennemi mortel et irréconciliable de tout ce qu'ils veulent conserver. Ces empereurs sont à d'autres égards les plus tolérants des hommes. Ils s'appellent Trajan ou Marc-Aurèle. Si la religion uouvelle faisait quelque concession, si elle acceptait une place dans le Panthéon, si surtout elle savait prudemment s'incliner en passant devant le palais impérial, elle serait certainement acceptée et autorisée ; on etit regardé Jésus-Christ comme un dieu bizarre de plus dans cette cohue de divinités étrangères qui encombraient Rome. Mais le christianisme est aussi inflexible dans le domaine religieux qu'il est soumis aux lois dans le domaine de la vie civile. S'il rend à César ce qui appartient à César, il ne lui donnera jamais ce qui appartient à Dieu, c'est-à-dire l'adoration. Proclamant un Dieu unique et souverain, il ne peut faire aucune concession au polythéisme; il s'annule dès qu'il s'amoindrit. Pour lui, entrer en partage avec le paganisme, c'est en réalité tout abandonner. Il a toujours contre lui le préjugé populaire; aux yeux de la foule, le culte chrétien avec sa simplicité et sa spiritualité, n'est pas un cuite. Il n'élève point de temples majestueux, ni de statues, ni d'autels. Pour les grossiers sectateurs d'une religion toute matérielle, ce culte de l'invisible, presque invisible lui-

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