L'ART AU TEMPS DE PERICLES
Ou voit qu'il a secoué lejoug de la nature. Le dieu jeune et triomphant qui, dans un marbre célèbre, nous est représenté tout fier encore d'avoir frappé d'un coup mortel le serpent Pjthon, est l'image radieuse de cette victoire de l'humanité sur ses anciennes divinités. Ce qu'il y a d'admirable dans les grandes œuvres de la sculpture appartenant à cette période, c'est cette union de la beauté et de la majesté, c'est cette sérénité douce et grave répandue sur ces traits si nobles, et d'un contour si exquis. « L'âme, dit Winckelmann, ne se manifeste que comme au travers de la surface tranquille de l'eau ; elle n'éclate jamais avec impétuosité. Dans la représentation de la douleur la plus grande, la douleur demeure concentrée, et la plus douce joie circule comme un zéphyr qui effleure à peine les feuilles. » Jamais nation n'exprima mieux son génie par ses œuvres que la Grèce. On croit la voir elle-même dans la représentation de ses déesses favorites, relevant aussi bien la dignité que la beauté dans la personne humaine ; sereine et majestueuse à la fois, possédant la grâce et la grandeur, prête pour le combat comme pour les fêtes; à vrai dire faisant de la vie entière une fête à l'honneur de ses dieux et mettant sa gloire à conserver ce calme auguste, cette ataraxie, image, mais image trompeuse de la paix véritable. Il n'y a pas dans l'art grec un contraste choquant entre la réalité et lidéal, parce que l'idéal n'est pas cherché au delà de la terre. L'artiste a trouvé la réalité la plus belle pour exprimer cet idéal restreint. Aussi n'y a-t-il rien de tourmenté dans sa manière ; il répand sur ses œuvres la