ADRIEN SUIT LA POLITIQUE DE TRAJAN
Ce fut à cette occasion que les premières apologies du christianisme furent écrites. Quadratus, ancien ou évêque dans la ville d'Athènes, et Aristide firent parvenir chacun dans les mains d'Adrien une défense raisonnée de leurs croyances. Le résultat de cette intervention fut très-favorable à l'Eglise. D'après Méliton de Sardes, presque contemporain de Quadratus et d'Aristide, puisqu'il vivait sous Marc-Aurèle, une lettre bienveillante fut écrite par Adrien à Fondanus, proconsul d'Asie Mineure. Cette lettre nous a été conservée ^ On a voulu à tort y voir une sorte de révocation du rescrit de Trajan et une autorisation implicite accordée au christianisme, qui lui aurait fait prendre rang parmi les religions autorisées de l'empire. Un acte d'une aussi capitale importance eût été notifié explicitement; Adrien a simplement confirmé le décret de son prédécesseur; s'il interdit la calomnie et les condamnations sommaires, il n'en déclare pas moins que tout ce qui est illégal doit être châtié". Or la profession d'une religion non autorisée l'était au premier chef, et ce n'est pas par une équivoque que la croyance nouvelle, objet de violentes animosités, pouvait être relevée de l'interdit qui la frappait depuis tant d'années.
Si la persécution s'était surtout concentrée en Asie
ï Cette lettre a été traduite en grec par Eusèbe {H. E., IV, 9). Rufin a donné probablement l'original dans sa traduction d'Eusèbe.
2 « Si quis igilur accusât et probat adversum leges quidquam agere memoratos homines pro merito peccatorum etiam supplicia statues. » (Routh, Reliq. sacrée, I, 73.) « Si quelqu'un accuse sur preuves les hommes mentionnés d'avoir fait quelque chose contre les lois, il faut, selon la gravité de leurs crimes, les condamner même au supplice. »