PERSÉCUTION PROVOQUÉE PAR BARGHOBA
défendu de considérer de loin le sol où avait été Jérusalem. « Adrien \oulait, dit un ancien historien de l'Eglise, déraciner cette race rebelle et ne pas lui laisser même un prétexte à la rébellion en lui permettant d'entendre le nom de sa patrie, tant il craignait que dans son ardeur et son audace elle ne se glissât en secret dans les murs de la ville pour y combattre les Romains ' . » Ces décrets portèrent le coup le plus sensible non-seulement au judaïsme, mais encore au judéo-christianisme qui n'eut désormais d'autre alternative que de se fondre dans l'Eglise ou de se perpétuer sous la forme d'une secte hérétique.
§ II. — Les Pères apostoliques^ leurs vies, leurs écrits et leur doctrine ".
Les Pères apostoliques ne sont pas de grands écrivains, mais de grands caractères. Ils ont conservé le trésor de la doctrine évangélique sans savoir tout ce qu'il renfermait, mais en l'estimant toutefois comme plus précieux que leur vie, courageusement sacrifiée dès qu'ils y étaient appelés par le devoir. Les chrétiens
T.T) è-'.êaivs'.v sl'pYSTîct. (Aristo Pelleeus, dans Eusèbe, H. E., IV, 6; Routh, Reliq. sacrx, \, 96.)
2 A part les ouvrages déjà cités, nous citerons : Cotelier, Patrum qui temporibus apostolic. floruerunt Opéra, editio Clericus, 1698. — Hœfele, Patres apostolici, editio tertia, 1847. (Les notes sont au point de vue catholique.) — Nos citations sont faites d'après l'édition de Dressel, Patrum apostolic. Opéra. Lipsiae, 1857. Cette édition des Pères apostoliques nous donne le texte le plus pur. (Voir aussi l'ouvrage très-remarquable d'Hilgenfeld, Die apostolichen Wder. Halle^ 1857.)