‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 552 sur 613 · SA LETTRE A L'ÉGLISE DE CORINTHE · texte numérisé non relu

SA LETTRE A L'ÉGLISE DE CORINTHE

grâce divine dont ils ont été les objets. Cette grâce leur a déjà été largement accordée, mais elle leur réserve sa plus éclatante manifestation dans cette résurrection glorieuse que tout proclame dans le monde *. Clément invite les chrétiens à croire fermement à l'amour de Dieu et à y répondre par une vie sainte ^. Dans la deuxième partie de sa lettre il entre dans la question ecclésiastique proprement dite et recommande à l'Eglise de Coriutlie de maintenir dans son sein une organisation bien ordonnée et d'y apporter le même soin que l'ancien peuple de Dieu mettait à conserver l'organisation lévitique ^. L'épître se termine par l'éloge de la charité et par de nouvelles exhortations à l'humilité et à la concorde.

Telle est en substance la lettre de Clément aux Corinthiens. Elle ne brille ni par la force de la pensée, ni par la vigueur du style. Le tissu n'a aucune fermeté, et le fil de l'argumentation disparaît fréquemment dans la prodigalité des développements. On sent que l'auteur n'est pas jun esprit puissant; il n'a pas non plus cette énergie passionnée qui distingue sa race. Préoccupé de la nécessité de l'harmonie, qui est à ses yeux la loi universelle du monde, il trouve des paroles éloquentes pour la faire admirer dans les grands spectacles de la nature. « Les cieux conduits par Dieu se soumettent à lui dans la paix le jour et la nuit, sans jamais se troubler mutuellement: ils suivent leur cours déterminé. Le soleil et la lune et le chœur des astres, dociles à son commandement, s'avancent en harmonie et sans

1 Epist., c. XXiU, 28. — 2 td., c. XXXl, 40. — 3 Ici., c. XL, 48. U 2u

Page 1