SA SÉRÉNITÉ
écart dans la carrière qui leur a été tracée. » Clément passe ainsi en revue les diverses sphères de la création et termine ce tableau grandiose par ces mots : « Le Créateur puissant, maître de tous les êtres, a ordonné que toutes ces choses s'accomplissent dans la paix et la concorde, répandant ses bienfaits sur tous, nous en comblant aussi, nous qui sommes réfugiés dans ses miséricordes par notre Seigneur Jésus-Christ, à qui soit la gloire et la majesté au siècle des siècles * . »
Clément n'a pas une piété sombre et mélancolique, qui, sous prétexte d'honorer la grâce, méprise la nature. Il en admire la beauté; il y trouve un élément divin et il se plaît à l'interroger. Il ne craint pas d'invoquer son témoignage en f;iveur de la résurrection. « Regardons, dit-il, la résurrection qui s'accomplit chaque jour sous nos yeux. Le jour et la nuit nous la montrent. La nuit se couche, le jour ressuscite. Le jour s'enfuit, la nuit revient. Considérons les fruits et comment le grain se sème. Le semeur sort et jette sa semence en terre et celle-ci déposée nue et aride dans le sol, s'y dissout. De cette dissolution la divine Providence ressuscite ces germes morts; ils se multiplient et produisent leur fruit -. » Ce qui nous frappe chez Clément, c'est sa sérénité. On sent qu'il possède cette paix profonde et abondante qu'il recommande aux Corinthiens •\ Elle a mis
1 Tau-ra zâv-ra ô \}.i';7i: zrf\j.'.yjçi-(hç 7,x\ czcT.ivr,;, twv aTra-'/TWv èv 5;j.ovc(a xai £ipr,r/) r.pozixoiqz'i sTvat..(GIémc;nt, Ad Cor., c. XX.)
2 'l$ci)[j,sv Trjvy.aTà -/.a'.pcv Yt^C[xiv/]v àva:;Tasiv. (Clément, Ad Cor., c. XXIV.)
3 Id., c. U.
SON AMOUR POUft JÉSUS-CHRIST. 387
son empreinte sur chacune de ces pages au travers desquelles la pensée coule comme une eau large et limpide, qui ne sait pas se ramasser en flols impétueux. Les commandements de Dieu sont inscrits, pour employer sa propre expression, dans la largeur de son cœur *. De là la riche plénitude de ses développements. On reconnaît chez lui un grand amour pour Jésus-Christ, et cet homme si calme trouve pour l'exprimer des paroles pleines d'élévation et de feu : « Voici, dit-il de lui, voici la voie de notre salut, Jésus-Christ, le grand prêtre de notre oblation, qui assiste et soulage notre faiblesse. Par lui nous contemplons la hauteur des cieux; il nous dévoile sa face immaculée et sublime ; par lui ont été ouverts les yeux de notre cœur ; par lui notre entendement stérile et obscurci refleurit dans son admirable lumière; Dieu a voulu nous faire goûter une immortelle connaissance, par lui, splendeur réelle de sa majesté, d'autant supérieur aux anges qu'il a reçu un nom plus excellent -. »
Si Clément nous présente les traits principaux du caractère romain, Ignace est tout à fait un Grec de l'Asie Mineure. Son âme a lai flamme du soleil de sa patrie. Les dernières circonstances de sa vie nous sont seules connues. Nous savons qu'il a été évêque à Antioche et qu'il a été comme Clément un disciple immédiat des apôtres. Bien qu'il ait vu et entendu saint
» 'EtcI 17. rjdir^ ir^ç, -/apota;. (Clément, Ad Cor.,c. II.) 2 \ù -o'JTOu f, àsùvîTsg "/.al èaxoxcojxév/j oiavoca ifjiAWV àvxOaX)v£t dç xh 6ay[j[.a5T0V aÙTOÎi cpwç. (W., c. XXXVI.)