IL EST ENVOYÉ AU CIRQUE DE ROME
répressions sévères ; le nombre des accusations à prononcer avait sans doute motivé la lettre du proconsul de Bithynie. Les mêmes faits avaient dû se produire dans toutes les contrées avoisinantes. Les chrétiens étaient condamnés comme coupables du crime de lèse-majesté, et le décret rendu par Trajan contre les sociétés secrètes leur était appliqué. La plus illustre victime de ces persécutions préliminaires fut l'évêque d'Antioche. Il devait succomber l'un des premiers, car il est certain qu'il avait été l'un des propagateurs les plus actifs de la foi nouvelle, et que si les temples des faux dieux étaient déserts, c'était en grande partie à son influence qu'on le devait. Antioche avait été au commencement du second siècle comme à l'âge précédent, un centre de missions actives, un foyer de lumière pour toute l'Asie Mineure. Accusé du crime de lèse-majesté, Ignace fut condamné à mort; sa sentence portait qu'il serait conduit à Rome, pour combattre contre les bctes féroces. Ce supplice avait un double avantage; il assurait au condamné le plus terrible châtiment, et il ménageait au peuple romain un de ces plaisirs sanglants qui lui étaient si chers. Depuis longtemps, toutes les restrictions mises à cet usage barbare, avaient été abrogées. Le proconsul Aquilius, dans la guerre de Mithridate, avait envoyé à Rome jusqu'à mille captifs'. Les condamnés n'avaient pas manqué sous Néron et ses successeurs, qui avaient été de grands pourvoyeurs du Cirque. Le nombre en avait
1 On peut voir des exemples do condamnations analog'nes à celle d'tgnace dans les Pères. (Justin, Dial. cum Tnjphone, p. 110; Hermas Pastor, Visio m, 2; Epist, ad Diogn., c. VII.)