‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 56 sur 613 · LA PEINTURE GRECQUE · texte numérisé non relu

LA PEINTURE GRECQUE

quelques-unes des œuvres de Scopas appartiennent encore à cette grande période. Il suffit de citer Y Apollon pijthique et le (Jroupe de Niohé ; dans cette dernière œuvre, la représeutationd'unecruelle douleur n'ôte rien à la calme beauté des figures. Lysippe, continuateur de l'école d'Argos, s'est surtout attaché à la reproduction des athlètes. Son type préféré est Hercule. La peinture jette un vif éclat sur cette période. Zeuxis, Parrhasius et les peintres de l'école de Sicyone, qui a pour chef Apelles, unissent l'éclat du coloris à la grâce de l'expression. Toutefois, la peinture devait en Grèce demeurer inférieure à la statuaire ; le christianisme seul pouvait la porter à la perfection en lui donnant le monde intérieur de l'âme à révéler par ses couleurs aussi changeantes et variées que nos sentiments les plus intimes. Mais l'architecture, cette sœur aînée de la sculpture, qui profitait de tous ses progrès, devait atteindre son apogée à la même époque. Il suffit, pour s'en convaincre, de nommer le Parthénon, qui est parmi les temples de la Grèce ce que le Jupiter Olympien est parmi les statues. Le Parthénon était dédié à la divinité tout intellectuelle qu'adorait Athènes; l'édifice, qui empruntait à l'ordre dorique la simplicité de ses colonnes, avait un caractère de sérieuse beauté tout à fait en harmonie avec le culte de la Vierge immortelle. On y retrouvait, du reste, l'élégance la plus exquise. Un nouvel ordre, l'ordre corinthien, substituant dans les colonnes la feuille d'acanthe à la volute ionienne, remonte à cette époque d'incomparable fécondité artistique. Le temple de Jupiter Olympien, orné de la fameuse statue de Phi-

Page 1