‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 57 sur 613 · EPURATION DE LA RELIGION · texte numérisé non relu

EPURATION DE LA RELIGION

dias, en rappelle toute la grandeur. C'est le temple grandiose de riiumanisme triomphant, et par conséquent le centre de l'hellénisme.

La religion était trop étroitement liée à l'art pour ne pas grandir et s'épurer avec lui ^ Toutefois, il ne faut jamais oublier qu'il y a toujours eu en Grèce un double courant d'idées religieuses, l'un plus spiritualiste, l'autre souillé par d'impures légendes; malheureusement cesdivinitéscontradictoires, dans lesquellesla conscience et les passions se reconnaissent tour à tour, avaient historiquement un droit égal. Jupiter, pendant cette période, devient de plus en plus le dieu souverain, le conducteur de toutes choses -, le créateur du ciel et de la terre. C'est lui qui surveille les actions coupables des hommes, et il est à ce titre le dieu de la justice. S'il frappe, il sait aussi consoler; il est le refuge des mortels. « Le dieu des suppliants, dit magnifiquement Eschyle , s'irrite quand les cris des malheureux ne sont point écoutés ^. » Il est toujours le dieu de la cité, le protecteur du foyer et le gardien vigilant des devoirs sacrés de l'hospitalité. Il est le dieu grec par excellence. La Grèce entière se prosternait avec un égal respect devant l'image sublime de Jupiter Olympien, la plus majestueuse représentation de la divinité humanisée.

Les autres divinités ont subi pour la plupart la même transformation. Junon est l'épouse légitime de Jupiter;

» Maury, t. I, p. 413.

« IlavTwv à'{r-MÇ). Clém. d'Alex.; Strom.. VI, 784.

9 Eschyle, Suppliantes, 387.

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