‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 560 sur 613 · SA SOIF IMMODÉRÉE DU MARTYRE · texte numérisé non relu

SA SOIF IMMODÉRÉE DU MARTYRE

vives quMl fait entrer dans le temple spirituel, et les porte jusqu'au sommet de Tédifice qui s'élève à la gloire de Dieu '. « Mon esprit, s'écrie-t-il, se prosterne devant la croix, scandale pour les incrédules, salut et vie éternelle pour nous ^. » Il voit dans l'étoile des mages l'inauguration de ce règne du Christ, dont le mystère échappe au tentateur, qui a brisé tout son pouvoir et préparé le grand triomphe sur la mort ^ .

On a souvent reproché à Ignace sa lettre aux Romains, motivée par la nouvelle que les chrétiens de Rome faisaient des démarches auprès de l'empereur pour obtenir sa grâce et empreinte d'un désir immodéré du martyre. Nous n'y retrouvons pas en effet cet équilibre admirable de sentiments qui nous frappe dans la lettre adressée par saint Paul aux Philippiens dans des circonstances analogues. Le désir de mourir n'est pas tempéré chez Ignace comme chez l'Apôtre par la pensée des services qu'il peut encore rendre à l'Eglise en demeurant sur la terre. Il ne voit qu'une chose, l'affranchissement des liens de la vie terrestre, le triomphe avec Jésus-Christ, la pleine possession de Dieu. « J'ai peur, écrit-il aux chrétiens de Rome au moment où il approche de leur ville, j'ai peur de votre amour; je crains qu'il ne me fasse tort. Je n'aurai jamais une occasion semblable de posséder Dieu. Laissez-moi devenir la proie des bêtes, afin que Dieu devienne ma propriété. Je suis le froment

iav. G-zcvjpoq. {Ad Ephes., I.)

2 ]lpo<jV.ÙYt]\).oi TO èiJibv lïvsufxa xoù -îToupoû. {Ad Ephes., II.)

3 Ad Ephes., m.

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