POLYGARPE DISCIPLE DE SAINT JEAN
glise qu'il dirigeait était l'une des plus florissantes de l'Asie Mineure, et l'Apocalypse nous la montre déployant une fidélité courageuse dans la persécution'. Poljcarpe avait été le disciple immédiat de saint Jean, et il vivait de ce grand souvenir. C'était le sujet constant de ses entretiens, de ses prédications. « Je pourrais dire, écrivait Irénée, qui avait été sou disciple, le lieu où le bienheureux Polycarpe s'asseyait pour enseigner. Je pourrais peindre sa démarche, son visage, toutes ses allures et jusqu'aux vêtements de son corps. Je pourrais rappeler aussi les discours qu'il tenait au peuple et ce qu'il disait de son intimité avec Jean, et comment il avait coutume de raconter ce qu'il connaissait de ceux qui avaient vu le Seigneur. Il repassait incessamment dans sa mémoire tout ce qu'ils lui avaient communiqué de ses paroles, de ses miracles et de sa doctrine ^. » On voit par ce précieux témoignage que Poîycarpe était éminemment propre à ménager la transition entre l'âge apostolique et l'âge suivant. Il se faisait l'écho docile et presque passif du premier. Aussi n'est-il pas étonnant qu'il ait déployé peu d'originalité tout en étant l'objet d'un respect universel. Il était la tradition vivante de l'EgUse. Sa lettre aux Pliilippiens est tout à fait conforme à l'idée qu Irénée nous donne de lui ^ Il en appelle sans cesse au souvenir des apôtres, et comme il s'a-
» Apoc. II, 8, 11.
2 Kal r.tpi Tou y.upiou Ttvà yjv â -^apà èzîîvwv àxTf'AÔzi. (Irénée, Epist. ad Florum, dans Eusèbe, H. E., V, 20.)
3 L'authenticité de cette lettre a été révoquée en doute par Daillé, et de