‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 565 sur 613 · IL EST L'HOMME DE LA TRADITION · texte numérisé non relu

IL EST L'HOMME DE LA TRADITION

dresse à une Eglise fondée par saint Paul, il invoque plus spécialement le nom de l'apôtre des Gentils. « Ce n'est pas par arrogance, lisons-nous dans son épître, que je vous écris ces choses sur la justice, mais c'est que vous m'y avez poussé. En effet, je ne pourrais pas plus qu'aucun autre reproduire la sagesse du bienheureux et glorieux Paul, qui s'étant trouvé parmi vous a enseigné Ja vérité avec exactitude et fermeté et qui, absent, vous a écrit des lettres par lesquelles, si vous y regardez de près, vous serez édifiés dans la foi '. » Son épître écrite peu après la mort d'Ignace, dénote chez lui une étonnante maturité. Elle est surtout précieuse par les renseignements qu'il nous fournit sur l'état intérieur des Eglises. Polycarpe s'attache à redresser quelques abus qui s'étaient introduits à Philippes; il combat surtout l'amour de l'argent qui avait amené de graves désordres. Il a pour l'hérésie l'indignation de son maître, et il la flétrit en paroles indignées qui rappellent les épîtres de Jean. « Celui, dit-il, qui dénature selon ses désirs les enseignements du Seigneur et prétend qu'il n'y a ni

nos jours par Schwegler et Baur; mais leurs objections reposent sur une arg'unnentation à priori. La preuve externe est très-forte en sa faveur. Le témoignage d'Irénée, disciple de Polycarpe, a un grand poids. (Irénée, Adv. Hxres., III, 3; Eusèbe, H.E., IV, 14; III, 3G; Saint Jérôme, Catal. script, eccles,, c. XYII.) La question de son intégrité est plus difficile. Les deux derniers • chapitres semblent une interpolation, et peut-être faut-il y reconnaître la même main qui a surchargé les épîtres d'Ignace. Nous trouvons une preuve de cette interpolation dans une singulière contradiction entre le chap. IX et le chap. XIII. Au chap. IX, Ignace est présenté comme déjà mort, et au chap. XIII l'auteur demande de ses nouvelles comme s'il vivait encore : « Et de ipso Ignatio et de his, qui cum eo sunt, quod cerlius agnovcritis significate. » (Voir Bunsen, Ignatius und seine Zeit, p. 119.) » Ad Philipp., m.

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