SON MARTYRE
connaît sa réponse au proconsul qui le pressait de maudire Jésus-Christ pour sauver sa vie. « Voilà quatrevingt-six ans que je le sers, dit-il, et il ne m'a fait aucun mal. Comment donc pourrais-je maudire mou roi qui m'a sauvé * ? » On cite de lui la prière suivante, dont on n'a nulle raison de suspecter rauthenticité : «c Dieu toutpuissant. Père de ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ, par lequel nous avons appris à te connaître, je te bénis de ce que tu m'as jugé digne dans ce jour et à cette heure de prendre rang parmi les martyrs et de boire à la coupe de ton Christ pour la résurrection en vie éternelle de mon âme et de mon corps. Puissé-je être accepté de toi comme un sacrifice qui te soit agréable. Je te loue, je te bénis, je te glorifie pour tout ce qui m' arrive ^. >»
Deux autres Pères apostoliques font partie de ce groupe des représentants de la tendance de saint Paul : Quadratus, Tévêque d'Athènes, et Aristide le philosophe, les deux premiers apologètes du christianisme. Ils appartiennent à l'âge de transition, car Quadratus dit dans le fragment de son Apologie qui nous a été conservé, que de son temps on pouvait voir encore quelques-uns des malades miraculeusement guéris par Jésus- Christ ". On ne sait rien de ces deux écrivains, sinon qu'ils ont l'un et l'autre plaidé la cause du christianisme auprès d'Adrien *. Aristide appartenait évidemment à
lAda martyr, Polyc, c. VII.)
* Ada Polyc, c. XIV. — 3 Routh, Reliq. sacrx, l, 73.
* Saint Jérôme, De viris illustr., c. XIX.