‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 572 sur 613 · NUL ESPRIT SYSTÉMATIQUE CHEZ EUX · texte numérisé non relu

NUL ESPRIT SYSTÉMATIQUE CHEZ EUX

deux natures unies mystérieusement dans uûe seule personne.

On ne peut tirer des écrits de ces premiers Pères l'orthodoxie athanasienne, mais on en peut encore moins tirer l'arianisme. Les trois personnes de la Trinité y sont clairement désignées. Ignace reconnaît une part distincte au Saint-Esprit dans l'œuvre de la rédemption % mais la question ontologique est complètement laissée de côté.

Si les premiers Pères manquent d'esprit scientifique, cette infériorité est bien rachetée par ce je ne sais quoi de naïf et de primitif, qui fait le charme de leurs lettres. S'ils n'ont pas les rigueurs de l'esprit systématique, ils n'en ont pas non plus l'étroitesse. Précédant de trois siècles les luttes soulevées par Pelage, ils n'ont pas à se tenir en garde avec une prudence excessive contre l'invasion du mérite humain dans l'œuvre du salut; aussi aucun d'eux n'a sacrifié l'élément moral. Ils insistent avec énergie sur la responsabilité du chrétien, sur le devoir redoutable de la persévérance. « Notre vocation, disait Ignace, n'est pas de faire des promesses, mais de marcher dans l'énergie de la foi -. » « Etant, dit Clément, une portion du saint des saints, faisons tout ce

tendu Lepsius dans sa monographie sur les lettres d'Ignace. D'ailleurs Ignace distingue nettement entre le Père et le Fils, comme par exemple dans la suscription de la lettre à Polycarpe.

1 « Jésus-Christ, pour nous élever par sa croix jusqu'au temple spirituel, se sert des cordeaux de l'Esprit. » 2)^oiv(w ypù)[).zvoi TÔ xvc6[;.aT'. TU) aYiii). (Ignat., Ad Ephes., c. I.)

T'.; îùpzOf^ xai elq -zi'koç,. (Ad Ephes., II.)

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