‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 575 sur 613 · IDÉALISME EXCESSIF · texte numérisé non relu

IDÉALISME EXCESSIF

antiquité, car il parle de la ruine de Jérusalem dans des termes qui démontrent que l'événement est récent * , Il se pourrait qu'il eût été à la tête de l'Eglise d'Alexandrie; il est certain du moins que sa doctrine appartient au type alexandrin -. On retrouve chez lui l'esprit d'Apollos; la symbolique hardie qui nous a frappé dans l'épître aux Hébreux est poussée à l'extrême. La lettre attribuée à Barnabas ne se contente pas d'une simple interprétation de l'ancienne alliance ; elle transforme complètement le passé. Le symbole n'est plus le commentaire des institutions mosaïques; il se substitue à elles, ou plutôt il les détruit. La question abordée par l'auteur est la grande question du premier siècle, le rapport du christianisme et du judaïsme. Afin d'amener ses lecteurs à la connaissance profonde de la vérité ou à la gnose % il établit qu'entre le judaïsme et le christianisme, il n'y a aucune différence réelle ; il le prouve en dégageant l'ancienne alliance de tout ce qui lui semble une superfétatiou humaine. Sous prétexte d'opérer cette épuration, il en rejette les éléments les plus essentiels. C'est ainsi qu'il prétend que le sacrifice du cœur est seul d'institution divine; tout sacrifice matériel est d'invention humaine, d'après les prophètes eux-mêmes, qui ont réclamé l'immolation intérieure *. Le môme raisonnement est appliqué à la circoncision :

1 « Cum videritis tanta signa et moustra in populo Jufiseorum. » [Ep. BarnabiC, c. XVI. j

2 Cléiiieiit d'Alexandrie est l'auteur le plus ancien qui attribue celte épltre à Barnabas. [Stromat., II, 6.)

* ffhm, c. III,

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