L'ÉVANGILE N'EST PAS MIEUX COMPRIS
attribuée à Barnabas, anéantit en réalité l'Ancien Testament, et impute au démon la plupart des ordonnances consignées dans les livres sacrés des Juifs. Il y a là un germe funeste, que le gnosticisme développera hardiment plus tard. Aussi bien, cette dépréciation du mosaïsme n'est pas au profit du christianisme. La doctrine de Paul, pour être exagérée, n'en est pas moins faussée. L'auteur a puisé abondamment à la source de ses écrits polémiques. C'est de là qu'il a appris que les Juifs ont un voile sur les yeux quand ils lisent Moïse; c'est à lui qu'il emprunte la distinction tranchée entre l'ancienne et la nouvelle alliance. Ses idées sur la croix du Calvaire, qu'il voit préfigurée dans tout l'Ancien Testament, ont la même origine. Mais sur tous ces points, il altère la pensée de l'Apôtre. D'une part il ne reconnaît pas comme lui le côté divin du mosaïsme, et de l'autre, il ne comprend que très-imparfaitement le sens de la rédemption. Il proclame explicitement la divinité de Jésus-Christ \ Sa gloire est si grande que s'il ne l'avait pas voilée par l'incarnation, nous n'eussions pu la supporter ^. Il dit, après saint Paul, que nous avons la vie éternelle par sa croix, et que nous avons obtenu la rémission des péchés par son sang^ 3Iais si la formule est orthodoxe, l'interprétation qu'il en donne l'est fort peu. A l'en croire, le grand résultat de la mort du Sauveur a été de combler la mesure des péchés des Juifs, de rendre leur réjection définitive, et de leur substituer
1 'Ev a'jTw '^àv-a y.ai de, ajTCV. [Ep. Barnabss, c. XII.) * TcT£ èoavépoxje éauxsv uîbv Gsoîi îTva'.. {Id., c. V.) s Idem, c. V, VI.