‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 582 sur 613 · LES SIMILITUDES · texte numérisé non relu

LES SIMILITUDES

les justes, ni les injustes, ne se distinguent dans ce siècle, car ils se ressemblent au dehors. Ce siècle est riiiver des justes; ils ne se distinguent pas encore des pécheurs avec qui ils habitent. Pendant l'hiver, en effet, quand les feuilles sont tombées, on ne sait, parmi les arbres, quels sont ceux qui sont arides et ceux qui sont fertiles * . » L'éternité est comme le printemps des âmes, elle révélera leur véritable état. Dans la similitude du fonds de terre, le Pasteur d'Hcrma.'< nous apprend quel est le plus sûr moyen d'obtenir la faveur de Dieu. Le maître d'une vigne a ordonné à l'un de ses serviteurs d'attacher la vigne aux pieds qui doivent la soutenir, lui promettant la liberté, s'il s'acquitte convenablement de cet office. Non content de faire ce qui lui est commandé, le serviteur, dans son zèle, arrache toutes les mauvaises herbes de la vigne; aussi est-il élevé à de grands honneurs. Il devient cohéritier du fils du roi. Le moyen infaillible d'être richement béni de Dieu, c'est donc de faire plus qu'il ne commande-. L'auteur n'est pas satisfait de ce premier sens ; il demande à sa similitude de plus profonds symboles, et finit par y voir le type de la gloire du Rédempteur. Le serviteur qui arrose le cliamp de ses sueurs, figure le corps de Jésus-Christ, qui a enduré tant de maux pour nous, et qui est glorifié maintenant dans le ciel, assis à la droite de Dieu, participant au règne de l'Esprit divin qui l'animait et auquel il a obéi. L'humanité du Christ n'est-elle pas assise depuis la rédemption sur le trône de Dieu lui-même'? Dans les deux

1 « Hoc enim seculum juslis hyems est. » (Similitude III.)

2 Simil. V, 3. - 3 Simil. V, 6.

Ht LES SIMILITUDES.

similitudes suivantes, deux pasteurs apparaissent. L'un a des vêtements éclatants et le visage riant; le troupeau qu'il conduit a le môme aspect de félicité terrestre. Il représente l'impéuitence avide de jouissances. L'autre pasteur est de haute taille, sa figure est sauvage ; il a en main une verge noueuse et un fouet; il reçoit les brebis du berger aux brillants vêtements, et les conduit dans un lieu horrible, où elles se repaissent d'épines et de ronces. C'est l'ange des châtiments divins *, ou l'ange de la pénitence proportionnant la peine au péché de chacun. Les âmes sont en effet plus ou moins atteintes par le mal. Cette différence dans leur état spirituel est figurée par les rameaux d'un saule, qu'un envoyé de Dieu coupe avec sa serpe, et qui sont tantôt complètement arides, tantôt à moitié desséchés et toujours inégalement verdoyants-. Le troisième livre se termine par une allégorie prolongée qui peint de nouveau les destinées de l'Eglise. Du haut d'une montagne, Hermas voit se dérouler sous ses yeux une vaste plaine. Une pierre immense est au milieu, capable de porter le monde'. Une porte y a été pratiquée. Cette pierre et cette porte représentent le Christ; la (Création repose sur lui, et il est en même temps la porte nouvelle par laquelle on entre au ciel. Douze vierges l'entourent. Ce sont les vertus chrétiennes, « les esprits saints "*. » Sur la pierre s'élève

1 Ojtcç stt'.v 6 à^(ytAOç vqç, x>.[Hùpi(xq. (Simil. VI, 3.)

2 Simil. VII, 5.

^ Eaque petra altior illis montibus erat, ut possit totum orbem sustinere. » (Simil. IX, 2.) * « Sancti spiritus sunt. » (Simil. IX, 13.)

Page 1