LE PASTOR N'EST PAS UN ÉCRIT ÉBIONITE
commandements énumérés au second livre, crois, avant tout, qu'il est un seul Dieu qui a tout créé et achevé, et tout tiré du néant. Il est la tête de T univers, seul immense ; nulle parole ne peut le définir, nul esprit ne peut le saisir ' . » Ce passage trouve son complément dans les nombreux textes où Jésus-Christ est présenté comme le Fils de Dieu. « Le Fils de Dieu, dit l'auteur, est plus ancien qu'aucune autre créature ^, car il a été le conseiller de son Père pour constituer la créature qui existe en lui. Il est comme la pierre angulaire de la création, le rocher sur lequel repose l'Eglise % la porte par laquelle on y est introduit. Tous ceux qui portent son nom et lui demeurent fidèles seront sauvés. Personne n'entre vers Dieu le Père, si ce n'est par son Fils*. » On ne saurait concilier de telles déclarations avec l'ébionitisme. La circoncision n'est pas même mentionnée ; la loi judaïque n'est jamais invoquée; aucun des commandements du deuxième livre n'est emprunté à l'Ancien Testament. L'auteur attribue sans détour la rédemption de nos péchés aux souffrances de Jésus-Christ. « Le Fils de Dieu, dit-il, a beaucoup travaillé et souffert, afin d'effacer le péché, et après l'avoir effacé, il a donné à son peuple une loi nouvelle ^. »
Le Pasteur (THermas n'est donc pas un produit de l'ébionitisme; il porte aussi le sceau de la doctrine de saint
» IIpwTOV -rrâvTWV xistsucov, Iv. zXc, lartv 6 6î6ç. (Mandat. I.)
* « Filius Dei antiquior est totius creaturae Dei. » (Simil. IX, 12.) » « Petra Filius Dei. » (Simil. IX, 12.)
* « Nemo intrat ad Deum Patrem ejus nisi par Filium. » (Simil. IX, 1.)
* « Filius Dei plurimum laboravit, plurimumque perpessus est, utaboleretdelicta eorum. » (Simil. V, 6. Voir Ritschl, ouvr. cité, p. 278.)