IL PRÉPARE LE MONTANISME
De là cette funeste idée que les peines sont dans la \ie présente proportionnées aux fautes, afin d'accomplir une sorte d'expiation '. De là cette étrange théorie d'après laquelle le chrétien peut faire plus que ce qui lui est commandé, et mériter ainsi une faveur particulière de Dieu ^. De là surtout cet ascétisme outré, qui, sans aller jusqu'à interdire formellement les secondes noces., prétend transformer la condition du mariage ', et paraît quelquefois confondre la possession des biens de la terre avec le péché, parce que ces biens appartiennent à Satan''. On voit combien de germes de catholicisme sont déjà renfermés dans ce livre, si aimé de l'ancienne Eglise. Leur développement sera retardé par l'apparition de quelques grands esprits, plus capables de comprendre saint Paul que l'auteur du Pasteur d'Hermas. Mais ces germes arriveront infailliblement à leur maturité, sous l'influence de l'hérésie et de ce judaïsme inconscient et naturel au cœur de l'homme, qui se reproduit incessamment sous des formes nouvelles. Le montanisme viendra bientôt donner corps à toutes ces idées, les relier en système et en tirer les dernières conséquences ; tout en succombant comme secte, il lais-
diem. » (Visio II, 2.) « Servis enim Dei pœnitentia una est. » Les chrétiens ne peuvent se repentir qu'âne fois.
* « L'ange du châtiment châtie les âmes selon que chacune le mérite. » (Simil. VI, 3.)
2 « Sic autem aliquid boni feceris super mandatum Dei, majorem dignitatem tibi adquiris, » (Simil. Y, 3.)
s « Conjugi tuœ, quae futura est soror tua. » (Visio II, 2.) « Ton épouse sera désoimais ta sœur. » (Voir aussi Mandata, W, 4.)
'• « Non iutelligis ha;c omnia aliéna esse et sub alterius potestate esse. » Simil. 1,1.)