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LES PÈRES APOSTOLIQUES ET LE NOUVEAU TESTAMENT

racitû de l'histoire évangélique. Il faut reconnaître, du reste, que les Pères apostoliques citent l'Evangile avec la plus grande liberté, combinent les textes et les fondent souvent les uns dans les autres. Ils puisent également à la source encore abondante de la tradition orale ' . lis n'ont aucune idée de l'autorité canonique des livres du Nouveau Testament, et ils ne songent pas à les mettre sur la même ligne que ceux de l'Ancien. Ils préfèrent le témoignage de la parole vivante au témoignage des écrits muets ^ Les épîtres des apôtres ne sont pas à leurs yeux investies d'un caractère plus sacré que leur prédication. D'après Polycarpe, les lettres de saint Paul ne faisaient que suppléer à son absence ^. Si les Pères apostoliques parlent des grands témoins du premier siècle avec le respect le plus profond, s'ils proclament qu'ils leur sont bien inférieurs, ils n'expriment nulle part la pensée que leur propre inspiration soit d'une nature absolument différente, mais ils disent expressément que tous les vrais chrétiens ont reçu la pleine effusion du Saint-Esprit \ Ils enseignent l'Eglise sans s'appuyer sur aucune

1 Voir [Ep. démentis ad Corinth., c. XIII) la manière dont Clément résume le discours sur la montagne. Clément parle de faits non renfermés dans les évangiles, comme par exemple dans le chapitre XLIV, où il dit des apôtres qu'une prophétie du Seigneur les a prévenus qu'il y aurait des disputes sur le nom d'évèque. (On peut consulter dans l'ouvrage d'Hilgenfeld toute la partie qui concerne le rapport des écrits des Pères apostoliques avec le Nouveau Testament. Voir aussi Reuss, Gesc/nchte iV. T., § 286-296.)

2 Nous avons déjà cité les paroles de Papias à ce sujet. (Eusèbe, //. E., III, 39.)

aTUWV ôjjlTv h(px>lt't ir,'.G'SK7.q. (Polyc, Ad Plnlipp., III.)

* HA-rjpTjÇzvcùf^.aTo; àY''o'J s^xuciç £'::i T.i'noi.ç,i'{iyî.T:o. « Une pleine effusion du Saint-Esprit a été répandue sur tous. » (Clém., Ad Cor., II.) On invoque contre cette assertion le passage suivant d'Ignace : « Je ne

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autre autorité que celle de Dieu et de Jésus-Christ. L'auteur du Pasteur d'IIermas prétend apporter aux chrétiens de Rome les avertissements du Seigneur, au même titre que saint Jean dans l'Apocalpse. Un passage très-curieux de ce livre nous révèle la vraie pensée de l'Eglise sur l'inspiration à cet âge de transition. « Comment, demande Hermas au Seigneur, distinguer entre le vrai prophète et le faux prophète? — Tu connaîtras, lui est-il répondu, le vrai prophète à ses discours et le faux prophète qui n'a pas le Saint-Esprit par sa vie. En effet, le prophète qui a reçu le Saint-Esprit du ciel est douxel modeste. Il s'abstient de tout mal. Eprouve donc les prophètes par leur vie. Donne ta confiance à l'Esprit- Saint qui vient de Dieu, mais n'en donne point à l'esprit vain et terrestre, dans lequel ne réside aucune vertu parce qu'il vient du diable *. » L'ancienne Eglise,

vous donne pas des ordres comme Pierre et Paul; ils étaient apôtres, et moi je suis condamné; ils étaient libres, et moi je suis esclave jusqu'à présent (05/^ (î); Tléxpoç y.al îlxO\oqoix~dcao[i.<X'.). » {Ad Roman., IL) Mais il est évident que dans ce passage Ignace oppose surtout sa condition humiliante du moment à la condition glorieuse des apôtres. Quand Clément dil aux Corinthiens que Patil leur a parlé Trvs'jiJ.a-'.xwç, il emploie cette expression dans le sens où Paul l'employait lui-même 1 Cor. IL Mais il ne ressort d'aucune de ces déclarations que les apôtres, pour les Pères apostoliques^ eussent un genre d'inspiration qui leur fût exclusivement propre, bien que leur autorité comme témoins immédiats de Jésus-Christ fût mise au-dessus de toute autre autorité. Le passage oiî Polycarpe fait une citation de Paul dans des termes qui supposeraient un canon du Nouveau Testament déjà formé appartient à la traduction latine ( « Ut his scripturis doclum est » ). Voir Polyc, Ad Philiijp., c. XII. Cependant le texte grec de l'épître de Barnabas retrouvé par Tischendorf au couvent du Sinaï applique à l'Evangile de Matthieu l'expression de Saiiite Ecriture [C)q YSYoaz~ai). Cela ferait supposer qu'au commencement du deuxième siècle l'idée de canon était en voie de formation, au moins pour les Evangiles.

> « Per sermonem cognosces prophetam'; pseudoprophetam qui spiritum divinum non habet, de secta vitae ejus probabis. » (Mandat. XI, 1.)

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