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LES PERES APOSTOLIQUES ET LE NOUVKAU TESTAMENT

au commencement du second siècle, croyait donc posséder encore l'inspiration; mais elle sentait combien il était dangereux d'accepter tout enseignement qui se donnait comme inspiré : elle se préoccupait de la manière de discerner entre l'inspiration vraie et l'inspiration fausse, sans tracer encore la ligne de démarcation qui devait distinguer plus tard l'câge apostolique de tous les âges suivants. Les hommes de cette époque n'en étaient pas capables. Appartenant en partie à l'Eglise primitive, ayant vécu avec ceux qui en étaient les colonnes ou avec leurs disciples immédiats, comment auraient-ils distingué avec certitude entre leurs écrits et ceux d'un Apollos et d'un Luc, comme eux compagnons des apôtres? Il fallait qu'un certain temps s'écoulât pour que l'Eglise, par la comparaison des uns et des autres, prononçât un jugement propre à fixer la canouicité. Elle l'a fait plus tard comme nous le verrons, sans suivre une méthode bien exacte, mais avec la sûreté du sentiment chrétien pour l'ensemble des écrits canoniques. C'est, en définitive, la conscience chrétienne qui a prononcé sur les Ecritures et qui a constitué le canon. Nous croyons fermement qu'elle a reçu pour cette tâche délicate l'assistance de l'Esprit, « qui seul juge des choses divines. » Si Ton peut en appeler de son arrêt sur tel ou tel point de détail, sur ceux précisément oîi ellemême a été divisée, il subsiste dans tout ce qu'il a d'essentiel. Rien ne contribue davantage à en établir la légitimité que de comparer les écrits des premiers Pères auM livres du Nouveau Testament.

CHAPlTflE VI.

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