APOLLON ET BACCHUS
deu\ divinités qui étaient sans importance à la période précédente. Apollon et Bacchus sont placés immédiatement après Jupiter et Pallas. Le premier, adoré à Delphes, était d'abord le dieu de la lumière; il devint le dieu de la pureté, réclama de l'homme les ablutions saintes et le sacrifice. Lui-même, d'après les mythes de la contrée, avait eu besoin de se purifier pour avoir versé le sang du serpent Python. Aussi c'est à Delphes que l'on devait se laver du sang versé par la violence ; tout un système de purification fut élaboré par les prêtres, et marqua d'un caractère plus sérieux une religion essentiellement esthétique. Apollon fut considéré comme le dieu médiateur entre le ciel et la terre ; il révèle la volonté des dieux par ses oracles et réconcilie les hommes par le sacrifice avec Jupiter '.
On connaît les périls de l'enfance de Bacchus, fils de Jupiter et de Sémélé, poursuivie par la colère jalouse de Junon; puis sa marche conquérante jusque dans l'Inde, et son retour daus la Thrace. « Bacchus , dit très-bien M. Maury, est pour ainsi dire le dernier des dieux de l'ancienne Grèce. Il garde dans sa légende à la fois le caractère du héros et celui du dieu , c'est-à-dire d'homme déifié et supérieur à l'homme. Il constitue la chaîne qui lie les anciens dieux olympiens, tels qu'on les rencontre dans Homère, aux dieux modernes, héros qui viennent prendre place à côté d'eux et usurpent même parfois leurs attributs ^. « Hercule est, à bien des égards, un dieu semblable à Bacchus ; seulement comme
» Dunker, III, 542. — « Maury, I, 521.