LES ÉGLISES DE LA TRANSITION
rnch. Tes sectateurs de Justin se liaient par un serment solennel. « Je jure, disaient-ils, de ne confier à personne CCS mystères. » Des oblations sacrées faisaient partie des cérémonies de l'initiation'. Ce bizarre système, comme on le voit, essayait à sa manière d'expliquer la déchéance, autant du moins que cela est possible sans l'idée morale. Son dédain du judaïsme est très-caractéristique; c'est une preuve de plus que l'élément païen dominait chez ces premiers gnostiques. Bien qu'il semble le fruit d'une imagination malade, il nous présente une élaboration déjà très-avancée du dualisme. Justin a frayé la voie aux grandes écoles gnostiques du second siècle.
^ ]j, — Etat des Eglises en Orient et en Occident. — La vie chrétienne ^ l' organisation et le culte.
Nous avons constaté que l'hérésie a en pour berceau l'Asie Mineure. Bien que ses succès n'aient été que partiels et momentanés, ils dénotent dans les Eglises de cette contrée une certaine aptitude philosophique, le goût de la spéculation. Elles se distinguent, par ce caractère, de l'Eglise de Rome, beaucoup plus tournée vers la pratique que vers la philosophie religieuse. Déjà, à cette époque de transition, les Eglises orientales ont un type entièrement différent de celui qui prédomine dans les Eglises d'Occident. Cette différence ressort trèsclairement delà lettre d'Ignace aux Romains. « Je pour-
1 Philos., \,. 158.