L'ORIENT ET L'OCCIDENT. ÉGLISES D'ASIE MINEURE
rais, leur dit-il, tous écrire sur les choses célestes, mais je crains (pardonnez-le-moi) de vous nuire en le faisant. Vous seriez tourmentés de ne pouvoir les comprendre ' . » Tandis qu'Ignace aime à s'élever aux plus hautes considérations, à ce côté mystérieux et profond du christianisme abordé par saint Paul dans ses épîtres adressées aux Eglises d'Asie Mineure, il sent que cette sphère supérieure est fermée aux Romains, et qu'il ne peut les y faire pénétrer avec lui. Ainsi apparaissait déjà le contraste si frappant plus tard entre l'esprit spéculatif de l'Orient et l'esprit affairé de l'Occident.
Si maintenant nous passons en revue les diverses Eglises qui, à cette époque, sont des centres importants du christianisme, nous trouvons d'abord l'Eglise fondée à^lia Capitolina, dans l'ancienne Jérusalem. Ellenefait que de naître, et elle ne jettera quelque éclat que dans la période suivante. En Asie 3Iineure, nous avons les florissantes Eglises d'Antioche, de Smyrne et d'Ephèse, autour desquelles se groupent un grand nombre d'autres communautés. Ces Eglises nous sont connues par les lettres d'Ignace. Elles sont dans un état beaucoup plus prospère que celui qui nous est dépeint dans l'Apocalypse. Exposées aux attaques de l'hérésie qui lève la tête au milieu d'elles, et à la haine du paganisme qui les persécute, elles ont conservé la foi. Le ministère d'un homme comme Ignace a eu une grande influence sur la prospérité de l'Eglise d'Antioche. Celle-ci eut le pé-
» Aûva[;.ai 6(xTv -rà èxoupocvia •^pd'htxi^ àXXà çoêoIi[JLat [xt; u(ji.tv pXâ- Sr,v TrapaOw (^'jYvvWjj.ovîtTi p.o'.) i):r,T.oze. où cuvr^Oévieç -/wpYÎcat CTpaYYû^AtùÔYJTe. (Ignat., Epist. ad Roman., X.)