ETAT DES EGLISES D'ATHÈNES ET DE CORINTHE
premiers apologistes de la religion nouvelle ont appartenu à cette Egli^e. C'est bien à Athènes, au pied de cet aréopage où avait retenti la voix, de saint Paul, annonçant aux Grecs de la décadence le Dieu inconnu, que devait naître l'apologie du cliiistianisme. L'Eglise de Philippes, d'après la lettre de Polycarpe, avait quelque peu déchu de sa première piété. Elle n'était plus ce qu'elle avait été au temps de saint Paul. L'amour des richesses, une certaine propension à l'avarice, s'y étaient manifestés, et l'un de ses anciens avait encouragé par son exemple ces funestes tendances ^ L'Eglise de Corinthe était encore livrée à de grands déchirements intérieurs. Le tableau que nous en trace la lettre de Clément nous la montre agitée par cet esprit d'insubordination et d'orgueil qui était comme son mauvais génie. Cet esprit s'était manifesté à la mort des anciens qui avaient été choisis au temps des apôtres. Des hommes remplis d'ambition avaient soutenu que l'ordre primitif donné à l'Eglise n'avait pas un caractère permanent et s'étaient révoltés contre les nouveaux évêques ou anciens entrés en charge -. Ces schismatiques prétendaient qu'ils étaient par leurs dons bien au-dessus des directeurs que la communauté avait choisis, et déclinaient leur autorité. Leur parole était à la fois pompeuse et arrogante^. Ils se vantaient de posséder une sagesse toute particulière et une intelligence profonde de la vérité, qui leur permettait de reconnaître infailliblement l'erreur. Ils
- Polycarpe, Epist. ad Philipp., c. XI.
2 Clément, Ad Corinth., c. XLIV.
3 'Ev a/.aLSve(a toj Acvo'j br/.y:x/(s)'^.b)0'.. '.Id., c. XXI.)
iNOUVIiAUX SCHISMES A CORINTHE. 447
tiraicut eu outre une grande vanité de la forme ascétique de leur vie chrétienne ^
De tels hommes, dignes héritiers des opposants de saint Paul, ne trouvaient que trop de facilité dans les tendances naturelles aux Corinthiens pour les diviser et les troubler. IXous ne pouvons savoir si la lettre de Clément suffit pour apaiser le schisme. Quoi qu'il en soit, il est probable que les Eglises de la Grèce virent souvent s'élever des orages semblables dans leur sein. Nous n'avons pas de détails sur TEglise d'Alexandrie à cette époque; nous voyons par la lettre attribuée à Barnabas à quel point ceux qui la dirigeaient étaient demeurés fidèles à leur esprit national, fertile en rapprochements ingénieux et en allégories. On pressent que c'est dans cette ville brillante et raffinée que naîtra plus tard la gnose orthodoxe ou la théologie du premier âge de l'Eglise.
A Eorae, nous entrons dans une sphère entièrement différente. C'est là que ce judaïsme naturel au cœur de l'homme, qui a précédé l'autre et lui survit, va trouver un soi favorable pour se développer. De sa rencontre avec le génie romain naîtra le catholicisme. Nous avons réfuté rbjpothèse qui, confondant ce judaïsme moral et intérieur avec le judaïsme historique, rattachait l'Eglise de Rome au type judéo-chrétien proprement dit.
« Hto) Tiç r.ia-zcç, rj-o) cuvaxoç vvwctv èSîixîîv, r^TW coçhq, âv c'.av.pi'jz'. Xé^wv, r(Ta) à^voç iv ip^foiç' lotjoù'ïu) \x6iX\ov TaTûS'.voçpovcîv csîO.ît, C70) coxîï [xaXAov [xv.'Çby/ îTva'.. [Ad Corinth., c. XLVIIl.) Voir dans UilKenteid, ouvr. cité, p. "iT-Sl, la caractéristique de cas scliisniatiques.