ETAT DE L'EGLISE DE ROME
Nous avons montré que l'influence de saint Paul y avait au contraire prédominé tout d'abord. Cette influence s'y conserva pendant l'âge de transition. Clément, et l'auteur du Pasteur d'Uermas lui-même, sont ses disciples, tout en altérant sa doctrine par incapacité de la comprendre. Il est certain que l'Eglise de Rome est emportée par un soufile mystérieux et puissant vers de nouveaux rivages. Ce souffle, c'est l'âme de la nationalité romaine, cette passion et cet art du gouvernement, ce génie du commandement, si admirablement formulé par le poëte : « Souviens-toi que ton rôle est de dominer. » On voit par la lettre de Clément combien la préoccupation de maintenir l'ordre dans l'Eglise est prononcée à Rome; elle est contenue dans de certaines limites, sans être suffisamment tempérée par l'intelligence de la liberté. L'Eglise apparaît au pieux évêque sous l'image de la légion romaine, ce chef-d'œuvre de l'organisation gouvernementale. « Considérons, écrit Clément aux Corinthiens, les soldats qui servent sous nos généraux : avec quel ordre et quelle soumission ils accomplissent les commandements de leurs chefs ' . » L'Eglise de Rome est encore trop imbue du libéralisme ecclésiastique du premier siècle pour confondre absolument l'organisation de l'Eglise avec l'organisation militaire. Toutefois, ce regard de complaisance accordé à la légion romaine n'est pas sans péril pour l'avenir.
Les chrétiens étaient entourés de tentations nom-
ciTâx-wç, zûç eùsiXTWÇ. (Clém., Epist. ad Corinth., c. XXXVIL)