‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 601 sur 613 · TENDANCES HIÉRARCHIQUES · texte numérisé non relu

TENDANCES HIÉRARCHIQUES

frappante dans la lettre de Clément à l'Eglise de Corinthe. On sait combien les dons miraculeux y avaient abondé et quel parti en avaient tiré les schismatiques du premier siècle. Certainement ceux du second les eussent exploités dans l'intérêt de leur ambition, s'ils les eussent possédés. Mais Clément ne parle plus que de leur esprit spéculatif et de leur prétention à tout juger avec finesse et sûreté ' . Nous ne sommes plus évidemment dans la sphère du miracle. Cette diminution des dons extraordinaires du Saint-Esprit donnait une importance croissante à l'enseignement des docteurs et des pasteurs. L'inspiration fonde l'égalité, puisqu'elle saisit aussi bien l'homme ignorant que l'esprit cultivé. Il n'en est plus de même de l'enseignement régulier qui réclame des aptitudes particulières. Si donc tous les chrétiens conservèrent le droit de prendre la parole dans le culte, ce droit dmt tomber plus ou moins en désuétude dans plusieurs Eglises. La parole des évêques acquit partout une importance nouvelle.

La persécution poussait les esprits du même côté. Le troupeau dispersé ne retrouvait le sentiment de son unité que dans la personne de ses pasteurs. Nommés par lui, ils étaient ses représentants; c'est auprès d'eux qu'il cherchait la consolation et le courage aux mauvais jours. L'hérésie, qui, comme un loup introduit dans la bergerie, menaçait d'y détruire la vraie croyance et la vraie piété, rendait sans cesse nécessaire leur intervention directe pour le conseil et l'avertissement. Les

1 Clément, Epist. Ad Corintfi., XLVIII.

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