CAUSES QUI LES FAVORISENT
faux docteurs étaient habiles, leur argumentation subtile. Ils se couvraient du manteau sacré des Ecritures. Comment les discerner et échapper à leurs pièges sans les directions des pasteurs ? Il fallait donc y recourir tous les jours et faire appel à leurs lumières. Ces pasteurs eux-mêmes, jaloux de la pureté de la doctrine et du salut des âmes, se croyaient appelés dans ces temps périlleux à faire acte d'autorité. Ils déployaient un pouvoir exceptionnel en face de dangers extraordinaires. Ils pratiquaient le fameux adage de l'ancienne Rome, prononcé dans les crises redoutables: Caveant consules! Cette autorité, au lieu d'être une dictature temporaire, survivait aux circonstances qui l'avaient motivée, et peu à peu le fait créait le droit. Reconnaissons aussi que l'Eglise eut de grands évêques pendant cette période ; leur influence personnelle contribua aux progrès de leur autorité. Leurs successeurs la reçurent comme un dépôt sacré et considérablement agrandi des mains sanglantes de ces courageux martyrs, et ils recueillirent sans peine le fruit de ces saintes vies et de ces morts triomphantes. Toutefois ces circonstances n'auraient pas réussi à fonder l'épiscopat si la doctrine apostolique avait conservé sa pureté au sein de l'Eglise, si la distinction entre l'ancienne et la nouvelle alliance avait été maintenue avec rigueur. Malheureusement on pouvait déjà constater plus d'une altération de l'orthodoxie des premiers temps. Nous avons vu en particulier que si le salut gratuit était encore enseigné, on apportait bien des restrictions à sa pleine gratuité. Les Pères apostoliques présentaient le christianisme plutôt comme une loi que