‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 603 sur 613 · INDÉPENDANCE RÉCIPROQUE DES ÉGLISES · texte numérisé non relu

INDÉPENDANCE RÉCIPROQUE DES ÉGLISES

comme une grâce. Or, le point de vue légal est étroitement lié au point de vue sacerdotal, parce qu'il efface la grande et capitale distinction entre les deux alliances. Nous en avons une preuve frappante dans la lettre de Clément de Rome ; il est beaucoup trop disposé à admirer la hiérarchie de la théocratie *. Les moindres déviations doctrinales ont toujours un contre-coup immédiat dans l'organisation ecclésiastique ; ; celle-ci les révèle comme l'aiguille d'une horloge marque sur le cadran le plus léger désordre du mécanisme intérieur.

Il faut bien se garder d'exagérer ces déviations pour ce qui concerne l'organisation de l'Eglise à l'âge de transition. Nous sommes encore loin de l'épiscopat d'Jrénée et de Cyprien, lors même que nous sommes sur la pente qui conduit à eux. Il est notoire tout d'abord que nous n'avons pas encore une mère Eglise constituée, effaçant toute distinction entre les Eglises particulières et leur imposant le joug de l'unité extérieure. Au lieu d'une catholicité pétrifiée, nous avons une chrétienté vivante, c'est-à-dire un organisme religieux dont les membres ne sont point enchaînés les uns aux autres par un lien officiel, mais n'en sentent pas moins que le même sang circule en eux et que la même sève les pénètre. Il n'y a point trace à cette époque de conciles ou de synodes. Chaque Eglise se régit souverainement ellemême. Mais cette indépendance n'est pas un isolement égoïste. La solidarité est d'autant plus sentie qu'elle est moins forcée. Ignace et Polycarp.e donnent des conseils

• Clément, Epist. ad Corinth., XLI-XLV.

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