INDÉPENDANCE RÉCIPROQUE DES ÉGLISES
à l'Eglise de Philippes et à l'Eglise de Smyrne sans autre droit que celui de leur amour chrétien. Clément de Rome s'adresse au même titre à l'Eglise de Corinthe. Il ne prend pas le ton du commandement ; il ne promulgue aucun décret. C'est un frère qui parle à ses frères. Ceux-ci lui ont demandé un avis ; il le donne avec la plus grande modération de langage. Il cherche à les persuader, mais il ne tranche point la question par un coup d'autorité. Il pousse l'humilité si loin que, quand il adresse un avertissement aux Corinthiens, il en prend immédiatement sa part. « Demandons, dit-il, le pardon et l'indulgence divine pour toutes les fautes auxquelles nous avons été entraînés par les suggestions du malin. Ceux qui ont été les chefs du schisme doivent regarder à la communauté de l'espérance qui réunit tous les chrétiens. Le Dieu de l'univers n'a besoin de rien, il ne veut qu'une chose, c'est que le pécheur se confesse à lui ^ » Pour montrer plus clairement encore aux Corinthiens qu'il ne fait point acte d'autorité. Clément ajoute: « L'admonition mutuelle est bonne et salutaire-. >» Il reconnaît par ces mots que ceux auxquels il écrit ont un droit de réprimande fraternelle égal au sien. Il faut toutes les illusions de l'esprit de parti pour prétendre que l'Eglise de Rome eût alors une primauté quelconque. On ne saurait produire un seul texte à l'appui de cette hypothèse. Nous ne nions pas que cette grande Eglise n'ait eu une influence notable. Sa position, son origine, son histoire, son importance
1 Clément, Epist. ad Cormth., U, LU.
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