‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 605 sur 613 · NULLE PRIMAUTÉ ROMAINE · texte numérisé non relu

NULLE PRIMAUTÉ ROMAINE

l'expliquent suflBsamment. Cette influence devait avoir un rayon assez étendu. Aussi Herraas demande-t-il que ses révélations soient envoyées de Borne à d'autres Eglises ' . Mais on ue peut tirer de cette recommandation aucune conséquence à l'appui d'une primauté ecclésiastique. Il n'y a pas même trace de la distinction entre les Eglises apostoliques, c'est-à-dire fondées par les apôtres, et les autres Eglises, parce que, directement ou indirectement, toutes se rattachent à eux par leur origine. S'il est fait mention dans la lettre de Pline de quelques Eglises de campagne, elles ne sont pas en assez grand nombre pour être distinguées des Eglises de ville.

Pour ce qui concerne l'organisation dans ie sein de chaque communauté, il est incontestable que l'ancien système presbytérien est encore en vigueur. Il n'y a que deux degrés dans la hiérarchie ecclésiastique: les anciens ou évêques, puis les diacres. « Notre péché serait grand, dit Clément, si nous rejetions de l'épiscopat ceux qui ont exercé leur charge saintement et d'une manière irréprochable. Heureux les anciens, — ajoute-t-il, parlant d'hommes revêtus de la même charge et montrant parla l'identité des deux noms, — heureux les anciens nos devanciers qui ont obtenu une mort fructueuse et parfaite ; car ils n'ont pas à craindre qu'on les chasse de la place qu'ils occupent ^ » L'épître de Polycarpe

» K}vf(|xrj; ce r.i[).6v. et; -à; Içw -ôXeiq. {Past. Herm., Visio II, 4. Le texte latin d'Hœfele porte cette adjonction : llli autem permissum est. « Cela lui est confié; » en d'autres termes, « cela entre dans sa charge. » Le texte de Dressel n'a point ces mots, qui sont une glose sacerdodale.

* 'A[ji.apT(a Y^p eu |ji.apà rjii.Tv èct'., èàv tcù; àixéixzTco; irpoc-

i38 IDENTITÉ EN DROIT DE L'ÉVÊQUE ET DE L'ANCIEN.

est non moins explicite sur l'identité du pasteur et de l'ancien. Il ne connaît que les anciens et les diacres ^ Le Pasteur d'Hermas tient le même langage. Tl parle des anciens qui président sur l'Eglise-, et dans un autre passage, des évêques qui président les Eglises et des diacres qui vaquent à leur service '. Les diacres, comme les évêques ou anciens, arrivent à leurs charges par l'élection. Clément déclare qu'ils doivent avoir l'assentiment de toute l'Eglise, même quand ils ont été choisis par les apôtres \

A côté des diacres se trouvaient des diaconesses dont le ministère de charité n'est pas clairement défini ^. Du reste, l'élément laïque a encore ses droits ,• il n'est pas nécessaire d'être ancien pour porter la parole devant l'Eglise. « Ces choses, est-il dit à Hermas, qui n'avait aucune charge spéciale, ne sont pas révélées pour toi seul, mais tu dois les démontrer à tous ^. «

Toutefois, si l'ancienne organisation subsiste encore, nous touchons au moment où elle va être sérieusement modifiée. Si en droit il y a identité entre l'évêque et l'ancien, en fait, l'un des anciens commence à prendre

TTpGcBo'.TTOf/i'savTî; zpssêuTSpot. (Clément, Ad Corintli., XLIV.)

1 Polyc, Ad Philipp., V, VI.

2 X'j QÏ àvaYYîAcîç t:Tç r.pe':6\JTipciq r?5; âxxXrjciaç. (Visio II, 4.) « Nunc itaque vobis dico qui prseestis ecclesine. » (Visio III, 9.)

3 « Episcopi preesides ecclesiarum; diaconi preesides ministeriorum. » (Simil. IX, 25-31.)

* S'JVSuooy.r^aacYîç Tr^; è7.'/,A'^(:''aç r.d'j'qq, (Clément, Ad Corinth., XLIV.)

B II est parlé dans le Pastor Hermas de la diaconesse Graptè (Visio II, 3.)

6 a Ut omnibus demonstres ea. » (M., Visio IV, 3.)

ELLE TEND A DISPAIiAlTRE FN FAIT. 459

une prépondérance marquée et à devenir le président du conseil d'une manière permanente. Cette révolution ne s'opère pas tout d'un coup ; elle n'est pas partout également avancée. Ignace en a été l'instigateur le plus puissant. Il n'est pas nécessaire, pour le reconnaître, de recourir aux interpolations dont on a surchargé ses lettres. Il a favorisé le système épiscopal, comme cela était possible au commencement du second siècle; ce n'est pas à lui, c'est à son interpolateur qu'il faut attribuer l'idée d'une succession apostolique organisée, et la prétention d'assimiler l'évêque à Jésus-Christ*. Ignace ne se prononce nulle part d'une manière catégorique sur la différence de l'ancien et de l'évoque, mais il met à part l'un des anciens auquel il donne le nom d'évêque. Il insiste, du reste, bien moins sur la charge que sur la manière dont elle est remplie, bien moins sur le droit que sur le devoir. Au fond, le droit pour lui est dans la pratique du devoir, et c'est pourquoi il élève si haut l'idéal de l'évêque chrétien, « de cet athlète de Dieu " toujours prêt au combat et portant le fardeau des douleurs de son Eglise. Si celle-ci ne doit rien faire sans lui, il lui rappelle que lui-même doit reconnaître une sorte d'épiscopat supérieur dans la direction de Dieu-. Il doit se conformer toujours à sa volonté sainte. iVéanmoins Ignace, dans sa préoccupation exclusive de l'unité, place l'Eglise beaucoup trop

1 Voir la note K de la fin du volume.

2 Tw è-'.sy.sTTo) r.pzziyi-z^ In 'm\ o Osb; uij,tv. [Ad Polyc, I, 3.) rioXuy.apra) It.'.z'aôtm 2[;,upvr;ç [xxAAov i7:337.07:Y;[j.svw Otto OscU xaTpoç y.at y.up'.oy 'lyjcoîi Xp'.aTOu. (Ad Polyc, l.)

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