G LA SAINTE GÈNE
gage énergique et passionné : « Je veux le pain de Dieu, qui est la chair de Jésus-Christ; je veux le breuvage de son sang, qui est un amour immortel*, » il exprime le désir, non pas de l'eucharistie, mais du martyre qui doit créer entre lui et le divin Crucifié une communion absolue. Pour faire remonter les idées sacramentelles à cette époque, on s'est appuyé sur un passage de la lettre de Clément de Rome aux Corinthiens, où il dit qu'il faut accomplir, en leur temps et avec ordre, les divers actes du service divin et apporter les offrandes sans confusion, chacun rendant grâce à Dieu dans son rang, comme cela se faisait à Jérusalem, « non pas en tout lieu, mais à l'autel du lieu saint et par les mains des sacrificateurs -. » On a vu une assimilation complète entre l'ancien et le nouveau culte, dans cette invocation du rituel mosaïque, tandis qu'il n'est rappelé que comme modèle d'ordre et de bienséance. Evidemment, il n'y a aucune application possible au culte chrétien dans l'ordonnance de ne sacrifier qu'à Jérusalem et dans le temple. Quant aux offrandes mentionnées par Clément, il ne faut point entendre par là le sacrifice eucharistique, mais uniquement les offrandes charitables de l'Eglise pour les pauvres. Pendant longtemps la coutume a existé de déposer aux pieds des évêques ou anciens les dons destinés aux indigents, comme les chrétiens de Jérusalem avaient déposé les leurs aux pieds des apôtres. Les simples chrétiens apportaient ces offrandes, et les évêques les distribuaient, et ainsi chacun avait sou rôle
1 Icrnal., Ad Roman., c. IV.
* Katà /.a'.psùç Ta; Trpssçipac. (Clément^ Âd Corinih., c. XL, XLL)