ELLE COMMENCE A SE DÉTACHER DE L'AGAPE
déterminé, qu'il devait conserver avec soin, pour que tout se fît avec ordre ^ Au temps de Clément, l'agape précédait la cène ; c'était à ce moment que les offrandes de l'Eglise étaient apportées. Le pain et le vin de la cène étaient pris sur la table même de l'agape; ils faisaient donc partie de ces offrandes de charité. Tant que la communion était liée à l'agape, l'idée de sacrifice était associée à la seconde et non à la première. Il n'en fut plus de même quand la sainte cène fut isolée du repas d'amour fraternel et reléguée dans le culte. On lui appliqua involontairement l'idée de sacrifice; en même temps qu'elle rappelait l'immolation du Christ, elle était une offrande de l'Eglise. On était ainsi conduit à dénaturer l'idée si simple et si belle de l'Eucharistie primitive. A une autre époque, quand la notion du salut gratuit sera encore plus voilée, on en viendra à accorder à ce sacrifice une valeur expiatoire, jusqu'à ce qu'enfin il soit considéré comme un renouvellement de l'immolation du Calvaire. Mais on était bien loin de ces tristes erreurs au temps de Clément ; la cène était encore rattachée à l'agape, et elle conservait son caractère primitif.
Le baptême garde également sa vraie signification chez les Pères apostoliques. Ignace le rattache étroitement à la foi. « Que votre baptême, écrit-il aux Ephésiens, demeure votre armure, » et il montre immédiatement de quelles armes cette armure se compose. « Que la foi soit votre casque, l'amour votre lance et la patience
' Voir les Constit. apoxtol., II, c. xxvii. — Voir l'excellent opuscule d'Hœliliiig, Die Lelire der ulteslen Kiiche von Opfer, p. 87; Erlangen, 1851.