‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 63 sur 613 · LA PHILOSOPHIE GRECQUE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE GRECQUE

priées. Quel contraste, entre l'Inde ascétique qui détruit partout l'élément naturel et humain, et la Grèce qui racceplc tout entier afin de l'ennoblir! Elle ne conçoit pas l'idéal en dehors delà nature; c'est là qu'elle le cherche, ou plutôt qu'elle le place, combinant ainsi le réalisme et l'idéalisme, empêchant le premier de devenir grossier et vulgaire, et le second de se perdre dans le vague et dans le vide ; la nature embellie, voilà l'idéal hellénique: de là cette perfection plastique merveilleusement équilibrée qui en fait le véritable idéal classique; mais de là aussi ce qu'il a d'incomplet et d'insuffisant pour l'humanité, du jour où elle comprend qu'il ne s'agit pas seulement pour elle d'être ennoblie et embellie, mais bien sauvée et relevée d'une déchéance. Il est donc vrai que ce qui a fait la gloire de la Grèce a aussi amené sa ruine. Un coup d'œil rapide jeté sur son développement philosophique achèvera de nous en convaincre.

De la philosophie grecque jusqu'à Alexandre.

La philosophie d'un peuple est l'expression la plus élevée et la plus vraie de son développement. Ses philosophes, en se repliant sur eux-mêmes, dégagent de tout accessoire l'idée fondamentale qui préside à ses destinées. C'est ainsi que dans leur spéculation raffinée les brahmanes de l'Inde ont tiré courageusement les conséquences des prémisses renfermées dans les croyances nationales, et sont arrivés à formuler sans détour la doctrine de l'anéantissement. La philosophie

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