‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 66 sur 613 · DUALISME DE LA PHILOSOPHIE GRECQUE · texte numérisé non relu

DUALISME DE LA PHILOSOPHIE GRECQUE

faire disparaître l'antinomie entre l'esprit et la matière, car la spéculation a toujours pour mission de ramener l'unité dans les conceptions de l'esprit humain. Cegrarid problème fut aussi le grand tourment de la philosophie grecque; elle ne parvint jamais aie résoudre : une lumière plus haute était nécessaire pour cela. Tant que le dogme de la création n'était pas accepté, il n'y avait que trois solutions possibles .- ou bien on posait éternellement en présence les deux termes du problème et l'on avait le dualisme le plus tranché; ou bien on supprimait l'un des termes et l'on avait tantôt le matérialiiime, tantôt l'idéalisme ; ou bien enfin on se réfugiait dans la théorie de l'émanation.

Si tous les systèmes ont échoué sur le même écueil, ils n'} ont pas échoué de la même manière, et quelques-uns d'entre eux, en se trompant sur un point capital, ont mêlé tant de vérités a leurs erreurs qu'ils n'en ont pas moins exercé une bienfaisante influence. Préoccupé tout d'abord de l'action morale exercée par les diverses doctrines sur les âmes, convaincu que cette action ne dépend pas toujours absolument du point de vue métaphysique, nous nous garderons avec soin de porter un jugement sommaire sur toute la philosophie grecque; nous signalerons Je courant plus pur qui se discerne au travers de ses eaux troublées et qui r.cquiert tant de puissance et de limpidité dans le platonisme. C'est évidemment ce dernier système qui a le plus d'affinité avec le christianisme, et qui a le mieux préparé les cœurs à le recevoir, ceux toutefois qu'il n'a pas contentés. Aussi l'aurons-nous toujours en vue dans le ta- I 9

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bleaii très-abrégé que nous présenterons du dévcloppetneut philosophique de la Grèce.

Nous retrouvons sous une forme nouvelle, dans la succession des systèmes philosophiques, la succession des diverses créations mythologiques de Thumanilé. Ce fait n'a pas lieu de nous étonner, car il n'y a rien d'arl)ilraire ou d'accidentel dans l'enchaînement des religions de l'ancien monde ; elles se rattachent les unes aux autres par une dialectique cachée, mais irrésistible. L'humanité était libre de ne pas s'engager dans cette voie, mais une fois qu'elle y a fait les premiers pas elle doit la parcourir jusqu'au bout. Lq naturalisme^ ou. la glo rification des forces de la nature, la conduit fatalement a un dualisme de plus eu plus tranché, comme ce dualisme lui-même la conduit au panthéisme brahmanique, et au nihilisme des bouddhistes. Telles sont les phases que doit parcourir la pensée religieuse jusqu'à ce qu'elle aborde la sphère supérieure de l'humanisme. La pensée philosophique parcourt la même série d'idées; seulement, comme la réflexion suit l'imagination et ne la précède jamais, le développement philosophique n'a pas été parallèle au développement mythologique; les périodes de la philosophie grecque ne coïncident pas avec celles de l'histoire de la religion.. Ainsi le naturalisme est en pleine retraite dans la sphère religieuse qu'il prédomine encore dans la spéculation, et l'humanisme n'arrive à se formuler avec netteté dans l'école que longtemps après qu'il a triomphé dans le temple.

La pensée spéculative, en s'éveillant, imite l'exemple <le la pensée religieuse ; elle cherche le premier principe

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